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Un journaliste azerbaïdjanais remporte le Prix de la Journée mondiale de la liberté de la presse, décerné par l'UNESCO

Le journaliste Eynulla Fatullaïev d'Azerbaïdjan vient de remporter le Prix mondial UNESCO/Guillermo‑Cano 2012 de la Liberté de la presse, rapporte l'UNESCO.
Le journaliste Eynulla Fatullaïev d'Azerbaïdjan vient de remporter le Prix mondial UNESCO/Guillermo‑Cano 2012 de la Liberté de la presse, rapporte l'UNESCO.

Turkhan Karimov/DEMOTIX

Le journaliste azerbaïdjanais Eynulla Fatullaïev, défenseur de la liberté de la presse qui a passé quatre ans en prison sur la base d'accusations bidon, vient de remporter le Prix mondial UNESCO/Guillermo‑Cano 2012 de la Liberté de la presse, rapporte l'UNESCO.

« Durant toute sa carrière, il a défendu, constamment et de manière inébranlable la liberté de la presse et la liberté d'expression », indique l'UNESCO dans une déclaration annonçant l'attribution de la récompense.

Fatullaïev, qui a maintenant 35 ans, a été gracié l'an dernier après avoir été emprisonné depuis 2007 pour diffamation et terrorisme, puis ultérieurement pour des délits liés au trafic de drogue. Pendant toute sa carrière, il a subi menaces, attaques et poursuites en représailles à cause de ses écrits.

Les groupes de défense des médias ont dénoncé son arrestation et ont accusé les autorités de chercher à faire taire le journaliste, qui était rédacteur en chef de deux journaux critiques du gouvernement dans cet ex-État soviétique riche en énergie.

Dans une critique particulièrement cinglante, celui-ci a accusé des officiels de haut rang d'être les maîtres d'œuvre de l'assassinat, survenu en 2005, du journaliste azerbaïdjanais Elmar Huseynov.

L'Institut pour la liberté et la sûreté des reporters (Institute for Reporters Freedom and Safety, IRFS) et d'autres groupes membres de l'IFEX ne cessent d'accuser l'Azerbaïdjan de limiter la liberté de parole en jetant en prison les journalistes et autres défenseurs de la libre expression, et en adoptant des lois restrictives, comme de faire de la diffamation un délit criminel et d'interdire de tenir des manifestations au centre de la ville.

La récompense revêt cette année un sens particulier, tandis que l'Azerbaïdjan est le pays hôte de deux grands événements internationaux : le Concours de chansons d'Eurovision et le Forum sur la Gouvernance de l'Internet. Les membres de l'IFEX utilisent ces événements comme des occasions d'exercer des pressions contre les violations grossières de la libre expression qui sont toujours commises.

Par exemple, d'après le Groupe international de partenariat pour l'Azerbaïdjan (International Partnership Group for Azerbaijan, IPGA), une coalition de groupes internationaux qui œuvre à la promotion et à la protection de la libre expression en Azerbaïdjan, au moins 11 militants politiques se sont vu infliger de lourdes peines de prison pour avoir organisé des manifestations de protestation inspirées du Printemps arabe de l'an dernier. Encore aujourd'hui, 18 avril, Idrak Abbasov, reporter au journal « Zerkalo » et à l'IRFS, a été agressé brutalement tandis qu'il couvrait une manifestation puis transporté à l'hôpital. Quatre autres journalistes ont aussi été agressés. L'IPGA prépare un urgent appel conjoint.

Le prix UNESCO/Cano est décerné lors de chaque Journée mondiale de la liberté de la presse à une personne ou à un groupe qui défend et promeut la libre expression, souvent en courant de graves risques personnels.

La récompense de 25 000 $US porte le nom du journaliste colombien Guillermo Cano, assassiné en 1986 devant son bureau après avoir dénoncé des barons de la drogue.

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