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L'année 2012 en passe de devenir la plus mortelle pour les médias, dit l'Institut international de la presse

Un scout brandit une affiche du cameraman de la télévision libanaise Ali Shaaban pendant ses obsèques. Jusqu'à maintenant cette année, la Syrie est le pays le plus meurtrier du monde.
Un scout brandit une affiche du cameraman de la télévision libanaise Ali Shaaban pendant ses obsèques. Jusqu'à maintenant cette année, la Syrie est le pays le plus meurtrier du monde.

Ali Hashisho/REUTERS

Le décès récent de journalistes au Nigeria, au Liban, en Somalie et en Indonésie porte à 36 le nombre des journalistes tués jusqu'à maintenant en 2012 - ce qui signifie que cette année est en voie de devenir la plus meurtrière pour les médias depuis que l'Institut international de la presse (IIP) a entrepris de tenir des statistiques, en 1997.

« De mémoire récente, nous sommes témoins du début d'année le plus meurtrier pour les médias, et de loin », dit la directrice générale de l'IIP, Alison Bethel McKenzie. « Tandis que les mouvements en faveur de la démocratie se répandent à travers le monde, les journalistes - dont le travail est essentiel pour toute société libre - sont de plus en plus la cible d'attaques violentes. »

L'an dernier à la même date, 23 journalistes avaient été tués à cause de leur travail ou pendant qu'ils se trouvaient en affectation. Le bilan final de l'année 2011 s'établit à 102 morts, dit l'IIP.

L'IIP souligne le danger particulier auquel font face les journalistes qui travaillent en Syrie ou à proximité de la Syrie, où 11 journalistes locaux et étrangers ont été tués depuis janvier. Le 9 avril, le cameraman libanais Ali Shaaban, rattaché à la station de télévision Al-Jadeed, basée à Beyrouth, qui travaillait en territoire libanais près de la frontière syrienne, a été tué par des tirs qui semblaient provenir de Syrie.

Au moins un important politicien libanais, l'ancien Premier ministre Fouad Siniora, a accusé l'armée syrienne de viser délibérément l'équipe d'Al-Jadeed, dit l'IIP. Le gouvernement syrien est soupçonné d'être le cerveau des attaques précédentes contre les journalistes, notamment l'explosion survenue à Homs en février, qui a tué la correspondante étrangère américaine Marie Colvin et le photojournaliste français Rémi Ochlik.

Encore hier, le 18 avril, Reporters sans frontières (RSF) rapporte la mort de quatre journalistes citoyens en Syrie au cours de la dernière semaine.

En Somalie le 5 avril, un inconnu a ouvert le feu et tué Mahad Salad Adan, reporter à Radio Shabelle, près de son domicile de Beledweyne. Adan est le quatrième journaliste à être tué en 2012 en Somalie, dit l'IIP.

À propos de la Syrie et de la Somalie, Bethel McKenzie a déclaré : « Dans ces deux pays sévit une impunité généralisée, qui permet aux personnes que la libre circulation de l'information menace de faire taire les médias critiques sans avoir à craindre de conséquences. »

D'après l'IIP, l'un des journalistes à avoir été tué encore récemment était un cameraman de Belin City, au Nigeria. Chuks Ogu a été tué le 14 avril par des individus armés, au domicile d'un couple dont il était en train de filmer les épousailles, rapporte l'IIP. On ne sait pas exactement si Ogu était la cible de l'attentat.

Puis, le 8 avril, un journaliste indonésien, Leiron Kogoya, a été abattu par des inconnus qui ont ouvert le feu sur un petit avion de passagers qui atterrissait à un aéroport situé dans la province de Papouasie occidentale (Irian Jaya), dans l'est du pays. Kogoya se rendait à Mulia pour couvrir les élections à Jayapura, capitale de la Papouasie occidentale. On ne sait pas qui était la cible de cet attentat.

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