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Un expert des Nations Unies appuie la Journée internationale contre l'impunité

Service commémoratif du massacre d’Ampatuan : La Journée internationale contre l’impunité marque l’anniversaire du massacre du 23 novembre 2009 à Ampatuan, aux Philippines, l’incident le plus meurtrier de l’histoire pour les journalistes
Service commémoratif du massacre d’Ampatuan : La Journée internationale contre l’impunité marque l’anniversaire du massacre du 23 novembre 2009 à Ampatuan, aux Philippines, l’incident le plus meurtrier de l’histoire pour les journalistes

REUTERS

Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la protection et la promotion du droit à la liberté d'opinion et d'expression, Frank La Rue, vient d'accorder son appui à la Journée internationale contre l'impunité, ainsi qu'à d'autres initiatives qui contribuent à combattre les crimes non résolus contre les journalistes.

La Rue a indiqué qu'il « accueillait favorablement la déclaration du réseau de l'IFEX en 2011 de faire du 23 novembre la Journée internationale contre l'impunité », faisant remarquer que l'« impunité est l'une des causes - sinon la principale - du nombre scandaleusement élevé des journalistes attaqués ou tués chaque année ».

D'après le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), 574 journalistes ont été assassinés en toute impunité depuis 1992.

« Avoir un point de ralliement comme la Journée internationale contre l'impunité contribue à concentrer l'attention mondiale sur les questions soulevées par le Rapporteur spécial ainsi que le travail accompli par les membres de l'IFEX et autres défenseurs des droits de la personne pour combattre la culture d'impunité », a déclaré la directrice générale de l'IFEX, Annie Game.

La Rue défend également les efforts pour faire adopter un Plan d'action conjoint des Nations Unies sur la protection des journalistes et la question de l'impunité, coordonné par l'UNESCO, et invite tous les États à l'appuyer.

« Le problème, quand il s'agit d'assurer la protection des journalistes à travers le monde, ne consiste pas en l'absence de normes internationales, mais en l'inaptitude ou en l'absence de volonté chez les gouvernements d'adopter des mesures efficaces », a déclaré La Rue lorsqu'il a présenté son rapport au Conseil des droits de l'homme des Nations Unies le 19 juin à Genève.

La Rue accueille favorablement les initiatives nationales pour combattre l'impunité, évoquant des exemples en Amérique latine comme la Commission internationale contre l'impunité au Guatemala et les programmes de protection mis sur pied par le gouvernement à l'intention des journalistes et des défenseurs des droits de la personne en Colombie.

Il a cependant réservé ses critiques pour le Bureau du Procureur spécial chargé des crimes contre la liberté d'expression (FEADLE) au Mexique, qui n'obtient pas selon lui les résultats escomptés, « en raison notamment de l'absence de volonté politique de la part d'officiels de s'emparer de certains dossiers et de mettre en œuvre un programme de travail convenable, en raison également de l'absence d'autonomie et de ressources, et aussi du fait que les actes de violence contre les journalistes ne sont pas interdits aux termes de la loi fédérale ».

Mais, démarche encourageante, lors de la séance du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies, La Rue n'a pas été le seul rapporteur à concentrer son attention sur l'impunité entourant les crimes contre les journalistes.

ARTICLE 19 fait remarquer que le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, Christoph Heyns, a fait enquête dans son rapport sur les mécanismes en place afin d'apporter une plus grande protection aux journalistes.

Les deux rapporteurs pressent les acteurs, qu'il s'agisse ou non de l'État, d'assurer les droits des journalistes en mettant en œuvre un droit international des droits de la personne et en en surveillant l'application.

« Le chevauchement du contenu des rapports donne à penser qu'ils visent à se soutenir l'un l'autre… Cela montre aussi à quel point il est urgent de s'attaquer à la question de la protection des journalistes à l'échelle mondiale », dit ARTICLE 19.

La Rue a également fait remarquer que la majorité des violations commises contre les journalistes se produit en dehors de situations de conflit armé, en particulier lorsque ceux-ci couvrent des manifestations dans les rues ou lorsqu'ils rapportent la nouvelle sur le crime organisé et sur des questions politiques délicates. Il a en outre souligné la vulnérabilité des journalistes en ligne, ainsi que le recours croissant aux lois sur la criminalité pour étrangler la liberté des médias.

S'étant également rendu l'an dernier en mission officielle en Israël et en Palestine, La Rue a critiqué le gouvernement israélien, l'Autorité palestinienne en Cisjordanie et le Hamas à Gaza auxquels il reproche de limiter indûment la liberté de parole par des lois restrictives, par l'intimidation et la censure.

Il a déclaré que ces mesures ont un inquiétant effet dissuasif sur le travail des journalistes et des militants non violents, et il a pressé Israël et les Palestiniens de préserver les normes internationales concernant la liberté de parole.

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