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Journée internationale contre l'impunité

Annie Game, de l'IFEX, discute de la nécessité d'une journée pour s'attaquer à l'impunité, une des questions les plus brûlantes dans la communauté des défenseurs de la libre expression

Des membres de l'IFEX commémorent la Journée internationale contre l'impunité 2011 devant l'ambassade des Philippines à Bangkok
Des membres de l'IFEX commémorent la Journée internationale contre l'impunité 2011 devant l'ambassade des Philippines à Bangkok

SEAPA

Impunité : sans punition, sans conséquences. Cela n'arrive pas souvent que l'impunité entre dans la conversation de tous les jours. Elle peut surgir à l'occasion d'une vague allusion à quelque événement ou dans des mots croisés, mais elle ne fait pas partie du vocabulaire de la plupart des gens, comme mot ou comme concept.

À l'IFEX, toutefois, l'impunité est omniprésente. Voilà le mot qui désigne l'une des questions les plus brûlantes auxquelles sont controntés les membres de l'IFEX. Il décrit une culture qui s'infiltre dans la vie d'innombrables citoyens, artistes, blogueurs, musiciens et journalistes qui sont harcelés, menacés, torturés, intimidés, incarcérés et pire encore parce qu'ils exercent leur droit de la personne fondamental à la libre expression – et que les auteurs de ces crimes sont protégés par un public qui ne sait pas et une longue histoire de gens qui s'en tirent à bon compte.

L'impunité signifie qu'il est tout naturel d'ôter la voix à ceux qui prennent la parole pour défendre l'intérêt public ou à ceux avec qui vous n'êtes pas d'accord ou encore à ceux qui disent des choses que d'autres n'aimeraient peut-être pas entendre. Il est tout à fait acceptable de leur faire peur, de menacer leur famille, de les intimider et de les blesser pour s'assurer qu'ils vont garder le silence.

Mais cela n'est pas acceptable. Il ne faut pas normaliser l'impunité. Il faut contester. Les membres de l'IFEX ont décidé de créer une journée particulière, la Journée internationale contre l'impunité, lors de laquelle nos voix vont servir à sensibiliser le public à ce qui crée et entretient une culture d'impunité, et à inviter à agir les citoyens inquiets à travers le monde – à utiliser leur voix pour réclamer justice.

Notre initiative de campagne, 23 actions en 23 jours, vise à faire connaître des cas précis d'impunité et, au moyen d'appels à l'action, à exiger qu'on rende des comptes – que ce soit en signant une pétition, en envoyant une lettre ou même à gazouiller aux autorités. En fin de compte, nous voulons voir tous ceux qui vivent dans la peur et sous la censure enfin libres de s'exprimer par leur travail, et ceux qui bafouent ce droit tenus responsables.

Il n'a pas été difficile de trouver 23 personnes qui ont reçu des menaces, qui ont été jetées en prison ou qui ont vu leur travail être censuré. En 2011, nous avons trouvé 23 personnes qui ont été assassinées en toute impunité pendant un mois de novembre. Cela non plus n'a pas été difficile. Il faudrait que cela le soit.

Les personnes présentées dans notre campagne croient que le fait de voir leur histoire racontée à un auditoire international fera la différence dans leur affaire, et que cela en aidera aussi d'autres. C'est pour cette raison qu'elles ont accepté de participer à la campagne 23 en 23. Une des personnes retenues, l'avocate philippine Prima Jesusa Quinsayas, espère que "la campagne pour mettre fin à l'impunité entraînera les changements institutionnels et de politique recherchés, qui vont hâter l'accession à la justice". Une autre des 23, la journaliste colombienne Jineth Bedoya Lima, s'est adressée par Twitter à son groupe de supporters, qui est considérable, pour lui dire : "nos visages sont ceux des milliers de victimes du monde entier".

À l'IFEX, nos membres de partout dans le monde nous parlent de gens dont le droit à la libre expression est violé chaque jour et qui sont contraints de vivre dans la peur, en prison ou en exil. Chaque année, sans doute, de nouvelles affaires vont survenir. Chaque année, la Journée internationale contre l'impunité continuera d'offrir l'occasion de s'attaquer à ces questions.

Nous savons que la Journée elle-même ne constitue pas la solution. Nous espérons que les 23 personnes au centre de cette campagne – ainsi que les nombreuses autres qu'elles représentent – se se réjouiront de leur appui international, et que leurs affaires respectives seront corrigées d'une manière ou d'une autre, ce qui leur permettra de poursuivre en toute sécurité leur importante contribution au public.

Annie Game et Directrice générale de l'IFEX, réseau mondial de défense de la libre expression, qui coordonne la Journée internationale contre l'impunité.

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