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Galerie : Sept femmes championnes de la libre expression

L'an dernier, pour la Journée internationale contre l'impunité, l'IFEX a présenté le profil de 23 personnes qui avaient été menacées, attaquées ou pire encore, parce qu'elles s'étaient exprimées. Dans tous ces cas, les auteurs des agressions courent toujours. Nous avons demandé à quelques-unes des femmes présentées dans ces profils de nous parler des difficultés qu'elles rencontrent, quels conseils elles peuvent donner aux autres femmes qui travaillent dans leur domaine, ainsi que le genre de monde qu'elles envisagent en cette Journée internationale des Femmes

Tanya Lokshina, défenseur des droits humains, Russie
Tanya Lokshina, défenseur des droits humains, Russie

justinjin.com

Tanya Lokshina: En octobre dernier, la recherchiste Tanya Lokshina de Human Rights Watch a reçu des menaces de mort qui lui ont été adressées ainsi qu'à son enfant qui n'était pas encore né, en raison de reportages sur les violations des droits en Russie. Les menaces ont cessé après que Human Rights Watch les eut rendues publiques.

 Prima Jesusa Quinsayas, avocate, Philippines
Prima Jesusa Quinsayas, avocate, Philippines

Melanie Pinlac

Prima Jesusa Quinsayas: Quinsayas a travaillé comme procureure privée dans les affaires les plus connues d'assassinats de personnes liées aux médias aux Philippines, au nom entre autres des témoins et des familles des journalistes tuées dans le massacre d'Ampatuan de 2009.

Les agences chargées d'appliquer la loi ayant échoué à mener des enquêtes convenables sur ces homicides dans le monde des médias, Quinsayas doit trouver elle-même des témoins oculaires. "Pour ce faire, je dois me rendre dans des endroits où les femmes sont considérées comme des citoyens de seconde zone, qu'on voit mais que l'on n'entend pas, ou, pire encore, qui sont considérées comme des objets sexuels. Si je donne l'impression d'être une avocate agressive, d'une femme à éviter, [les témoins] vont se montrer hostiles et ne seront pas réceptifs, peu importe si mes arguments soient rationnels."

Zainab Al-Khawaja, activiste, Bahreïn
Zainab Al-Khawaja, activiste, Bahreïn

Ahmed Jadallah/REUTERS

Zainab Al-Khawaja: Il est difficile de savoir combien de fois l'activiste Al-Khawaja (@angryarabiya) est allée en prison. Elle a dû répondre à plus d'une douzaine d'accusations pour avoir dénoncé des violations des droits de la personne à Bahreïn – et a encore été détenue avant d'avoir la chance de répondre à nos questions.

Elle a cependant demandé à sa sœur Maryam de faire passer le message suivant : "Je suis confinée entre ces quatre murs parce que je veux construire un meilleur avenir pour ma fille de 3 ans. Je veux qu'elle puisse vivre avec des droits, dans la dignité et la liberté, sans avoir à traverser les batailles que nous vivons."

Rayma Suprani, caricaturiste, Venezuela
Rayma Suprani, caricaturiste, Venezuela

c/o Rayma Suprani

Rayma Suprani: Quand une caricature de Suprani illustrant la crise de la pauvreté au Venezuela a paru l'an dernier, elle a reçu des menaces de mort de la part de médias dirigés par l'État et de partisans du Président Hugo Chávez. Ces menaces n'ont toujours pas fait l'objet d'une enquête.

Selon elle, "en tant que femmes, nous sommes encore plus vulnérables. En tant que femmes, mères et filles, célibataires ou mariées, nous devons pouvoir agir dans des rôles de notre choix, dans des rôles que nous voulons – pas les rôles prescrits pour nous par nos ancêtres 'machistes' d'un passé régressif."

Nguyen Hoang Vi, blogueuse, Viêt-nam
Nguyen Hoang Vi, blogueuse, Viêt-nam

Danlambao

Nguyen Hoang Vi: Nguyen a passé une bonne partie du début de sa vingtaine sous la surveillance d'agents de sécurité parce qu'elle tenait un blogue critique à l'égard du gouvernement. Peu après que nous l'avons présenté dans nos profils, elle a été détenue près du Palais de justice où elle espérait assister à l'appel interjeté par trois blogueurs incarcérés pour propagande hostile à l'État. Pendant qu'elle se trouvait en détention, elle a été agressée sexuellement par la police et des infirmiers de l'État.

À propos de son calvaire, Nguyen a déclaré "Nous ne pouvons nous permettre d'être paralysées par la peur. Nous devons trouver au plus profond de notre cœur la force de pardonner tout ce qu'ils nous font, à nous et à notre corps. Le pardon, ce n'est pas la même chose que l'acceptation. Il faut qu'ils sachent que ce que nous faisons n'est pas motivé par la haine personnelle à l'égard de nos agresseurs, mais bien parce que nous voulons protéger nos droits universels, qui leur appartiennent autant qu'à nous."

Jineth Bedoya Lima, journaliste, Colombie
Jineth Bedoya Lima, journaliste, Colombie

c/o Jineth Bedoya Lima

Jineth Bedoya Lima: En 2000, quand Bedoya enquêtait sur des allégations de trafic d'armes impliquant de hauts responsables de l'État et un groupe paramilitaire, elle a été ramassée, droguée, violée, ligotée et abandonnée dans un dépotoir. Aujourd'hui, Bedoya couvre toujours la situation en Colombie, en dépit du fait qu'elle reçoit régulièrement des menaces.

"Il ne fait aucun doute que le risque le plus grand pour nous, les femmes, c'est d'être agressées", dit-elle. "Les femmes doivent prendre les précautions nécessaires pour éviter de se mettre en danger. Et en cas de menace imminente, elles doivent le rapporter en temps utile. Les agresseurs et les auteurs de violences se nourrissent de notre silence."

Iryna Khalip, activiste et journaliste, Bélarus
Iryna Khalip, activiste et journaliste, Bélarus

Vasily Fedosenko/REUTERS

Iryna Khalip: En 2011, Khalip a été condamnée à deux ans de prison avec sursis pour son rôle lors des manifestations de protestation contre la réélection controversée du Président Alexander Lukachenko en décembre 2010, et elle a été interdite de voyager, de sortir de Minsk où même de se déplacer à l'intérieur de la ville. Des officiels l'ont également menacée de placer son jeune fils sous la garde de l'État.

En cette Journée internationale des Femmes, Khalip espère un monde où "on n'a pas peur d'aimer, de donner naissance, d'aller se coucher le soir, de parler ouvertement et de combattre l'injustice, de vivre dans son pays et d'y élever ses enfants, d'être professionnelle et citoyenne; où en fait on n'a pas peur d'être une femme."

Consulter la Campagne de la Journée internationale contre l'impunité de 2012 pour en savoir plus sur ces femmes courageuses.

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