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Journée mondiale de la Liberté de la presse : Les bonnes et les mauvaises nouvelles

À l'occasion du 20e anniversaire de la Journée mondiale de la Liberté de la presse, l'IFEX examine la situation de la liberté de la presse dans le monde

Journalistes et étudiants protestent contre le meurtre de la journaliste mexicaine  Regina Martinez, survenu le 29 avril 2012 à Xalapa, État de Veracruz.
Journalistes et étudiants protestent contre le meurtre de la journaliste mexicaine Regina Martinez, survenu le 29 avril 2012 à Xalapa, État de Veracruz.

AFP

Parfois on doit prendre un peu de recul par rapport à ce qu'on lit dans les nouvelles, et prendre le temps de réfléchir aux gens qui nous les apportent.

L'année dernière a été pour les médias la plus meurtrière jamais enregistrée, alors qu'au moins 70 journalistes ont été tués directement à cause de leur travail. Lorsqu'on inclut les citoyens journalistes et autres travailleurs des médias, le bilan est encore plus lourd. À l'occasion de la Journée mondiale de la Liberté de la presse, nous devons tous reconnaître et honorer le rôle crucial que joue une presse libre dans la protection des droits de la personne et prendre l'engagement de tout mettre en œuvre pour garantir que les journalistes et les autres travailleurs des médias peuvent faire leur travail en toute sécurité. Il y va de l'intérêt de tous.

De nombreux groupes à travers le monde braquent les projecteurs sur les violations de la liberté de la presse et se battent pour que ceux qui sont responsables de ces violations rendent des comptes. C'est un travail rempli de risques, tant personnels que professionnels. Le 19 avril 2013 une menace de mort anonyme a été collée à la porte du bureau de l'organisation de défense des droits de la personne ARTICLE 19 au Mexique — un pays qui arrive presque toujours en tête lorsque les gens dressent la liste des endroits les plus dangereux du monde où être journaliste, un pays où les crimes contre les médias restent habituellement impunis. La menace de mort constituait une tentative pour faire cesser l'important travail que ce groupe accomplit pour s'attaquer à ces violations et pour faire traduire leurs auteurs en justice.

Et ce n'est là qu'un exemple, provenant de l'une des 80 organisations et plus du réseau de l'IFEX, à l'œuvre dans 60 pays, toutes animées de la ferme détermination à défendre la libre expression et qui reconnaissent l'importance d'une presse libre et d'un public informé pour vivre dans une société saine. Grâce à ces organisations, nous recevons quotidiennement des alertes concernant des menaces et des violations dirigées contre ceux et celles qui nous apportent les nouvelles, ainsi que des reportages sur d'autres événements qui touchent la liberté de la presse – pour le meilleur ou pour le pire.

Il en ressort un portrait varié à l'échelle mondiale. Il y a quelques bonnes nouvelles. L'explosion du journalisme numérique facilite et accélère le partage des nouvelles et de l'information – le genre d'informations susceptibles de mettre à nu la corruption et de renverser les tyrans. Certains pays instaurent ou restaurent graduellement les libertés des médias, comme en Birmanie, où la décision a été prise de permettre la publication de quotidiens. D'autres pays ont consacré dans de nouvelles constitutions démocratiques l'engagement de protéger la liberté de la presse. De nouvelles organisations et de nouveaux réseaux surgissent pour s'attaquer à des menaces particulières propres à l'Internet, dirigées contre la libre expression. Grâce en partie aux campagnes lancées par l'IFEX et ses membres, comme la Journée mondiale de la Liberté de la presse, se propage dans le monde une sensibilisation à la culture de l'impunité – et à ce que nous pouvons faire pour que cela cesse.

La mauvaise nouvelle, c'est que dans la majeure partie du monde, avoir une presse libre reste toujours un rêve. Cela n'est pas nouveau, mais il faut le répéter, même dans certaines démocraties établies, où la liberté de la presse est souvent tenue pour acquise. Les questions de propriété des médias et d'ingérence politique sont toujours des facteurs dont il faut tenir compte. Dans certains cas, les violations des droits des médias commises par quelques-uns ont suscité des propositions d'imposition de limites plus générales à la liberté de la presse. Dans d'autres encore, de puissantes organisations criminelles tournent en dérision les lois censées protéger les médias. Et dans plusieurs des démocraties les plus récentes, après le premier enthousiasme qu'a soulevé le renversement de gouvernements et de tyrans, après l'adoption de constitutions rédigées dans les termes les plus nobles, après que la presse internationale se fut intéressée à d'autres histoires, et que ces démocraties nouvelles eurent été mises à l'épreuve – nous constatons que la liberté de la presse figure parmi les premières victimes.

La réalité, c'est que la liberté des médias n'est pas une chose qui peut s'établir une fois pour toutes, puis qu'on peut laisser à elle-même. Une presse libre a besoin d'une surveillance et d'un soutien continuels pour la protéger de ses ennemis.

En cette Journée mondiale de la liberté de la presse, prenez donc un moment pour réfléchir à quel point elle est précieuse. Parce qu'une presse libre a besoin de nous autant que nous avons besoin d'elle.

Le réseau de l'IFEX réunit plus de 80 organisations internationales, régionales et locales, et se bat au nom des droits à la libre expression de tous. Consultez la page web de l'IFEX consacrée à la Journée mondiale de la liberté de la presse, ici. Cet article a été originalement publié le 3 mai 2013 dans The Globe and Mail.

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