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Journée internationale des Femmes : Réfléctions des femmes qui défendent la libre expression

Une femme Tunisienne marche devant un graffiti où l'on peut lire: « La liberté est une pratique courante » à Tunis en 2011. La Tunisie s'est vantée de défendre certains des droits des femmes les plus avancés dans le monde arabe
Une femme Tunisienne marche devant un graffiti où l'on peut lire: « La liberté est une pratique courante » à Tunis en 2011. La Tunisie s'est vantée de défendre certains des droits des femmes les plus avancés dans le monde arabe

REUTERS/Anis Mili

Pour les activistes, les écrivains, les journalistes et autres personnes préoccupées de partout dans le monde qui sont déterminées à défendre la libre expression, la revendication peut s'avérer une entreprise risquée : des manifestations pacifiques peuvent se transformer en violents affrontements avec la police; des publications sensibles peuvent être la source d'intimidation gouvernementale, d'incarcération ou pire encore.

Dans beaucoup de pays où de telles violations de la libre expression restent impunies, le problème de l'impunité peut être encore plus grave pour les femmes qui se portent à la défense des droits. Pour honorer de la Journée internationale des Femmes (le 8 mars), nous avons demandé à trois femmes dont le profil a été dressé lors de la campagne 2013 de l'IFEX contre l'impunité – Eren Keskin de Turquie, Doaa Eladl d'Égypte et Yorm Bopha du Cambodge – de nous dire ce qui les motive et de nous faire partager quelques conseils.

Doaa Eladl, Égypte
Caricaturiste
Doaa Eladl est une caricaturiste égyptienne qui a reçu des menaces de mort et des accusations de blasphème à cause de ses dessins provocants qui illustrent le harcèlement sexuel et l'intégrisme religieux. Pour en savoir plus sur l'histoire de Doaa, lire ici.

  • Qu’est-ce qui vous motive à défendre et à promouvoir la libre expression ?

Je suis convaincue que chaque être humain a le droit de s'exprimer librement, et que nous n'avons pas encore atteint complètement ce degré de liberté dans notre société.

  • D’après votre expérience en Égypte, quel conseil avez-vous pour les femmes qui, dans le contexte actuel, souhaitent aussi défendre la libre expression ?

Pour être honnête, je trouve que je devrais d'abord me donner à moi-même mes propres conseils avant de les offrir aux autres femmes. Changer pour le mieux et en arriver au point où l'opinion des autres personnes est respectée va prendre beaucoup d'efforts, et peut-être aussi beaucoup de temps. Il y a tellement de circonstances où nous sombrons dans le désespoir, où nous perdons espoir. Alors je me dis qu'avant de donner des conseils à une autre femme, je dois faire tout ce que je peux sans prévoir ni attendre de résultats immédiats, ni tomber dans le gouffre du désespoir. C'est ce que je me redis chaque jour lorsque je fais des dessins sur les questions qui auxquelles sont confrontées les femmes non seulement en Égypte et dans la région, mais dans le monde entier.

Yorm Bopha, Cambodge
Militante des droits fonciers
Yorm Bopha est une activiste des droits fonciers au Cambodge qui a subi de multiples passages à tabac et reçu des menaces directes à cause de son travail inlassable en faveur de ceux qui sont évincés de force de la région du lac Beoung Kak, site d'un violent litige foncier qui persiste depuis sept ans. Yorm et dix autres militants des droits fonciers ont été arrêtés et incarcérés brièvement en janvier 2014. Pour en savoir plus sur l'histoire de Yorm, lire ici.

  • Qu’est-ce qui vous motive à défendre et à promouvoir la libre expression ?

J'étais parmi les victimes qui ont subi les contrecoups du projet immobilier d'une compagnie privée, Sukaku Inc., et ces souffrances m'ont poussée à me dresser et à parler. Aussi, il n'y a que peu de Cambodgiennes qui osent participer à la vie politique ou à d'autres activités de revendication, parce que par tradition les femmes sont censées rester à la maison, prendre soin du foyer, des enfants et de la famille. C'est pourquoi je me bats pour promouvoir la libre expression – parce que je veux pousser les Cambodgiennes à dire la vérité. Parce que si nous ne prenons pas la parole, personne ne saura quels sont nos problèmes et personne ne pourra nous aider. Étant une personne qui fait du bruit je cours beaucoup de risques, comme d'être assassinée, jetée en prison ou autre chose encore – mais cela ne me décourage pas.

  • D’après votre expérience au Cambodge, quel conseil avez-vous pour les femmes qui, dans le contexte actuel, souhaitent aussi défendre la libre expression ?

À toutes les femmes du Cambodge : s'il-vous-plaît, ne pensez pas que votre rôle consiste uniquement à être femme au foyer. Participez à la société et exprimez-vous. Nous ne pouvons rester sans rien dire. Cette fois, la communauté de Beoung Kak est confrontée à des difficultés, mais à l'avenir d'autres communautés vont aussi être confrontées à ce genre de difficultés. Si nous constatons que ce que fait le gouvernement est mauvais, nous devons nous élever contre lui et le corriger, parce que nous avons tous droit à la liberté d'expression.

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