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La censure par Facebook de la photo emblématique de la guerre du Vietnam est une atteinte à la liberté d'informer

Facebook a renversé sa décision le 9 septembre 2016, après de nombreuses critiques par des experts des médias au tour du monde, selon The Guardian.

Le 9 septembre 2016, la Première ministre norvégienne a contesté les restrictions de Facebook sur les photos nues par l'affichage de cette image iconique montrant une fille vietnamienne nue brûlée au napalm en 1972.
Le 9 septembre 2016, la Première ministre norvégienne a contesté les restrictions de Facebook sur les photos nues par l'affichage de cette image iconique montrant une fille vietnamienne nue brûlée au napalm en 1972.

AP Photo/Nick Ut, File

Cet article a été initialement publié sur rsf.org le 9 septembre 2016.

Reporters sans frontières (RSF) dénonce une atteinte grave à la liberté d'information, après que Facebook a censuré la photo prise en 1972 par le photographe de l'Associated Press Nick Ut Cong Huynh, montrant une fillette vietnamienne nue brûlée au napalm.
“Les règles que Facebook impose à ses utilisateurs sont ici clairement attentatoires à la liberté d'information, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. Le réseau social défend une conception de la 'moralité publique' tellement étroite qu'elle va directement à l'encontre de la liberté d'informer. Nous exigeons que Facebook ajoute à ces règles le respect de la valeur journalistique des photos, et que ces règles ne soient jamais plus sévères que les législations nationales.”

“En outre, avec la photo de Nick Ut Cong Huynh, Facebook censure un cliché d'une valeur journalistique incontestable, ayant eu un impact historique capital dans l'histoire du Vietnam et des Etats-Unis”, ajoute-t-il.

Ces derniers jours, Facebook a supprimé la photo de l'enfant nue, voire suspendu les comptes, de plusieurs commentateurs norvégiens, selon le principe que cette photo viole les règles sur la nudité établies par le réseau social.

Vendredi 9 septembre, Aftenposten, le plus grand quotidien norvégien, a publié en Une la fameuse photo, accompagnée d'une lettre ouverte sur deux pages adressée au fondateur de Facebook Mark Zuckerberg. “Je t'ai écrit cette lettre parce que je suis préoccupé par le fait que le média le plus important au monde limite la liberté au lieu d'essayer de l'étendre et parce que cela se produit d'une façon parfois autoritaire”, écrit Espen Egil, le rédacteur en chef. Quelques jours plus tôt, Facebook avait envoyé une injonction au Aftenposten de retirer la photo de sa page Facebook. Mais la photo a été supprimée avant que la rédaction n'ait pu répondre à l'injonction.

En solidarité, la Première ministre norvégienne Erna Solberg l'a postée à son tour, avant d'être également censurée. “Je veux que mes enfants et les autres enfants grandissent dans une société où l'histoire est enseignée telle qu'elle a été. Où ils peuvent apprendre des événements et des erreurs historiques”, a-t-elle ensuite publié sur son compte Facebook.

Selon la politique de Facebook, “les photographies présentant des organes génitaux ou des fesses entièrement exposées” sont systématiquement supprimées.

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