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Le documentariste franco-iranienne Mehrnoushe Solouki toujours interdit de quitter le pays

(RSF/IFEX) - RSF a adressé deux courriers au ministère français des Affaires étrangères afin d'interpeller les autorités sur l'interdiction de sortie du territoire iranien dont est frappée Mehrnoushe Solouki, documentariste franco-iranienne.

"Mehrnoushe Solouki vit une situation très difficile. Elle fait aujourd'hui face au silence des autorités iraniennes. Si aucune charge n'a été retenue contre elle, au terme d'un mois passé en détention, le parquet de Téhéran attend les directives du ministère des Renseignements pour l'autoriser à quitter le pays. La caution très lourde payée par sa famille, l'obligeant à hypothéquer leur domicile, constitue un moyen supplémentaire de pression sur la jeune femme qui a dû répondre, depuis sa sortie de prison, à de nombreuses convocations", a déclaré l'organisation.

Jointe par RSF, Mehrnoushe Solouki a affirmé ne pas comprendre le silence des autorités iraniennes. "Pourquoi suis-je encore retenue en Iran ? N'avais-je pas les consentements des fonctionnaires iraniens et plus encore leurs sacro-saintes autorisations pour me rendre en Iran ? Pour y séjourner et filmer. Ai-je dérogé à une règle, une seule, prescrite par la République islamique ? Aux yeux de la justice iranienne et après instruction, non. Alors, pourquoi suis-je retenue encore en Iran ? Suis-je coupable de ma nationalité française ? De ma résidence au Canada ? De ma condition de cinéaste indépendante ? Le mutisme du ministère de l'Intérieur ne laisse rien augurer de bon", s'est interrogée la journaliste.

Mehrnoushe Solouki s'était rendue en Iran en décembre 2006 pour réaliser un documentaire sur les événements qui ont suivi l'accord de cessez-le-feu, en 1988, entre l'Irak et l'Iran. Elle a été arrêtée le 17 février 2007 et placée en détention à la prison d'Evin. Elle a été libérée le 19 mars après avoir payé une caution de cent millions de toumen, l'équivalent de 80 000 euros. Grâce à l'intervention de l'ambassade de France à Téhéran, son passeport lui a été restitué, mais ses documents de travail et notamment son disque dur externe, qui contient 70% du montage de son documentaire, sont toujours aux mains des autorités iraniennes.

Dans une affaire similaire, la journaliste irano-américaine de Radio Free Europe, Parnaz Azima, n'a pas été autorisée à quitter l'Iran. Accusée de faire la "propagande contre la République islamique" et de travailler pour une radio "contre-révolutionnaire", la journaliste a dû payer une caution d'environ 411 000 euros pour rester en liberté jusqu'à l'ouverture de son procès. Résidant en République tchèque, Parnaz Azima s'était rendue en Iran en janvier 2007 pour rendre visite à sa mère malade. Les autorités iraniennes lui avaient alors confisqué son passeport. Elle est tenue de rester en Iran jusqu'au jugement de son affaire.

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