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Le cauchemar de deux journalistes tire à sa fin; un journal interdit

(RSF/IFEX) - Le journaliste Ako Kurdnasab, de l'hebdomadaire "Karfto", a quitté la prison de Sanandaj (Kurdistan) le 17 janvier 2008 au terme de sa peine. Deux jours plus tard, la documentariste franco-iranienne Mehrnoushe Solouki a quitté l'Iran après la levée de l'interdiction de sortie du territoire qui pesait sur elle depuis près d'un an. Deux autres journalistes, Ejlal Ghavami et Emadoldin Baghi, ont bénéficié d'une autorisation temporaire de sortie de prison pour bénéficier de soins médicaux. En revanche Said Matinpour, de l'hebdomadaire "Yarpagh", a été de nouveau transféré à la prison d'Evin (Téhéran), à plus de 300 km de sa famille.

"L'un a passé six mois en prison, l'autre a été incarcérée pendant un mois puis retenue en Iran contre son gré pendant plus de dix mois. Nous sommes contents que le cauchemar vécu par ces deux journalistes tire à sa fin. En revanche, Ejlal Ghavami et Emadoldin Baghi devront retourner dans leur cellule au terme de leur permission", a déclaré Reporters sans frontières.

Par ailleurs, le département de la presse nationale du ministère de la Culture et de l'Orientation islamique a décidé, le 19 janvier, d'interdire le quotidien "Arya" pour "publication irrégulière". Suspendu en avril 2000 lors d'une vague de fermeture de journaux réformateurs, "Arya" avait été autorisé par le tribunal de Téhéran à reparaître en 2006. Une nouvelle équipe de journalistes s'apprêtait à sortir prochainement un nouveau numéro.

Ako Kurdnasab a été libéré le 17 janvier 2008 après avoir passé 180 jours en détention à Sanandaj. Le journaliste avait été interpellé, le 21 juillet 2007, au siège de "Karfto", par des agents du ministère des Renseignements. Condamné en première instance à trois ans de prison, le journaliste avait vu la sentence réduite à six mois par la cour d'appel. Il était inculpé de "tentative de renversement du régime à travers ses activités journalistiques".

Le cauchemar de Mehrnoushe Solouki a pris fin le 19 janvier 2008, date à laquelle la journaliste franco-iranienne s'est envolée pour Paris. Elle a pu sortir du territoire iranien une fois que la caution sur la maison de ses parents a été levée. La jeune femme reste sous le coup d'une inculpation de "tentative de réalisation d'un film de propagande" pour avoir préparé un documentaire sur les événements qui ont suivi l'accord de cessez-le-feu, en 1988, entre l'Irak et l'Iran. Elle n'a pas été autorisée à récupérer les images qu'elle avait tournées, confisquées après son interpellation en février 2007.

De son côté, Emadoldin Baghi a quitté, le 18 janvier, la prison d'Evin, où il était détenu depuis plus de trois mois. Il avait été brièvement hospitalisé en décembre 2007 après avoir souffert de problèmes cardiaques. La famille du journaliste avait alors demandé une libération provisoire pour soins au chef de l'autorité judiciaire, l'ayatollah Mahmoud Hachémi Shahroudi. Quant à Ejlal Ghavemi, sa permission de sortie, accordée le 26 décembre 2007, a été prolongée de deux semaines. Le collaborateur de l'hebdomadaire "Payam-e mardom-e Kurdestan", qui purge sa peine à la prison de Sanandaj, souffrait d'une infection aux yeux aggravée par l'insalubrité de sa cellule.

Dans une autre affaire, le journaliste Said Matinpour a été transféré pour la deuxième fois à la prison d'Evin. Il avait été interpellé le 28 mai 2007 à son domicile à Zanjan (Nord-Ouest) et placé en détention dans la ville. Le journaliste avait ensuite été transféré de juillet à septembre au pénitencier de la capitale avant de retrouver de nouveau la prison de Zanjan pour une durée de deux mois. Son épouse a déclaré qu'il était retourné à Evin le 4 décembre 2007. Selon elle, il serait poursuivi pour "action contre la sécurité nationale". Une caution aurait été fixée à 500 millions de toumen (l'équivalent de 500 000 euros), une somme que sa famille n'a pas les moyens de verser.

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