RÉGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

Plusieurs sites Internet rendus inaccessibles, interférence sur Internet lors des élections; le directeur d'un site web détenu et sous liberté conditionnelle

(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières dénonce un regain de censure dans la presse iranienne au lendemain des élections législatives du 14 mars 2008. Plusieurs journaux ont été interdits de publication et des sites Internet ont été rendus inaccessibles.

"Les journalistes sont autant surveillés que l'information qu'il diffusent. Nous demandons une parution des journaux interdits et le déblocage des sites Internet incriminés, qui seuls permettent à la population d'accéder à des informations indépendantes", a déclaré l'organisation.

Depuis le 14 mars 2008, les deux sites Internet d'informations généralistes, http://www.alborznews.net et http://www.asriran.com et le site d'information chiite, http://www.shia-news.com, sont inaccessibles. Pour le directeur d'Asriran, la censure de son site est due à la publication d'un entretien avec l'un des responsables du Hezbollah en Iran et avec un représentant du ministère de la culture et de l'orientation islamique. Quelques jours avant les élections, des médias nationaux et internationaux avaient fait part de la volonté du gouvernement iranien de couper l'accès à Internet le 14 mars. Ce jour-là, des sites réformateurs ont dénoncé une connexion ralentie, estimant que le gouvernement empêchait l'accès au "seul moyen de communication et d'information concernant les élections" ( http://www.baharestan8.com/ShowNews.php?1002 ). Les autorités ont démenti, affirmant que le débit était réduit en raison du nombre inhabituel de connexions.

Le 14 mars, Hassan Nobakhtian, responsable du site Internet conservateur www.nosazi.ir ( http://www.nosazi.ir/ ), a été libéré sous caution dans l'attente de son jugement. Le douzième tribunal général de Téhéran a fixé le montant de sa libération à 50 millions de toumens (environ 50 000 euros). Hassan Nobakhtian a été arrêté le 25 février sur ordre du procureur général de Téhéran, Said Mortazavi, qui avait alors pris la décision de le faire incarcérer à la prison d'Evin. Il est accusé d'avoir critiqué ironiquement la position du jeune mollah Hassan Khomeini, petit-fils de l'ancien guide suprême, l'ayatollah Ruhollah Khomeini, lors de la campagne pour les élections législatives. Le site conservateur Nosazi est inaccessible depuis le 14 février.

Par ailleurs, plusieurs équipes de télévisions ont été empêchées de couvrir les élections législatives. Au sein du ministère de l'Intérieur, par exemple, les journalistes accrédités ont été empêchés de filmer. Seuls les médias proches du pouvoir Irna, Farsnews et la chaîne de télévision d'État, ont pu accéder facilement aux bureaux de vote.

Enfin, la Commission d'autorisation et de surveillance de la presse a annoncé, le 15 mars, la suspension de la publication de neuf journaux, traitant principalement de culture et de cinéma. Il s'agit des mensuels "Baznegar" (Révisons), "Haft" (sept), "Shoka", des hebdomadaires "Talash" (Essai), "Bh soy Eftakhar" (Vers l'honneur) et "Nedai iran" (La voie de l'Iran), et des bimensuels "Donyai Tassvir" (Le monde des images) "Sobeh zendehghi" (Le matin de vie) et "Havar" (Le cri, journal bilingue kurde/persan). Les autorités les accusent "d'insulter le peuple iranien" en publiant "des photos d'actrices étrangères portant atteinte à la pudeur". L'organisation rappelle que, depuis le 1er janvier, 13 journaux ont été interdits de publication en Iran.

Dernier Tweet :

En #Nicaragua, el control que Ortega ejerce sobre los medios se reduce a pesar de que recrudece la represión… https://t.co/sepcWMKhlZ