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Une journaliste emprisonnée pour avoir critiqué le comportement de policiers lors d'une manifestation et deux hebdomadaires suspendus

(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières appelle les autorités iraniennes à libérer Mahboubeh Karami, de l'agence de presse officielle ISNA, dans les plus brefs délais. La journaliste a été interpellée à Téhéran, le 13 juin 2008, après avoir reproché à des policiers de brutaliser des manifestants. À ce jour, elle n'a pas pu avoir accès à un avocat. Par ailleurs, deux publications ont été provisoirement suspendues sur ordre du ministère de la Culture et de l'Orientation islamique dans l'ouest du pays.

"Le maintien en détention de Mahboubeh Karami constitue un déni de justice. La réaction des autorités est complètement disproportionnée et vise à insuffler un sentiment de peur à tous ceux qui oseraient dénoncer les abus du pouvoir. Par ailleurs, les suspensions abusives de journaux doivent cesser. Au moins quinze publications ont été interdites depuis le début de l'année", a déclaré l'organisation.

Mahboubeh Karami a subi plusieurs interrogatoires depuis son arrestation, le 13 juin 2008. La journaliste se trouvait dans un bus dans lequel s'étaient réfugiés des manifestants pourchassés par les forces de l'ordre. Elle a été interpellée après avoir protesté contre le comportement des autorités. Accusée d'"action contre la sécurité nationale", elle a été incarcérée dans la section sécuritaire 209 de la prison d'Evin (Téhéran). Mahboubeh Karami a entamé une grève de la faim pour protester contre son isolement. Elle se trouve aujourd'hui dans un dortoir commun.

Selon les informations recueillies par Reporters sans frontières, la journaliste a subi de nombreux interrogatoires portant sur ses activités de journaliste et de militante au sein de la campagne "Un million de signatures", appelant à la modification des lois discriminatoires envers les femmes.

L'avocate Shirin Ebadi, Prix Nobel de la paix, a indiqué à l'organisation que l'arrestation de Mahboubeh Karami "n'était pas conforme à la loi iranienne". La caution pour sa libération a été fixée à 100 millions de toumen (environ 80 000 euros), une somme disproportionnée.

Par ailleurs, le ministère de la Culture et de l'Orientation islamique a ordonné la suspension de deux publications dans l'ouest du pays. Le 2 juillet 2008, l'hebdomadaire "Bahar Borujerd", dans la province du Lorestan (Ouest), a été provisoirement interdit pour "publication de fausses informations". Selon son directeur, Mostafa Rahabar, les autorités n'ont fourni aucune explication. Le journaliste avait lui-même été brièvement interpellé en août 2007 pour avoir critiqué la politique répressive de l'université de Borujerd vis-à-vis du port du voile. En avril, un autre hebdomadaire local, "Paygam Borujerd", avait également été suspendu sur ordre du tribunal général de la révolution.

Dans une autre affaire, l'hebdomadaire "Botak" a été suspendu, le 19 juillet 2008, sur ordre du parquet, et à la demande du ministère de la Culture et de l'Orientation islamique, après la publication d'un article peu complaisant envers le gouverneur de la province d'Ilam (Ouest).

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