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Un journaliste de santé fragile placé en isolement au lieu d'être transféré vers un centre hospitalier; un journaliste kurde libéré sous caution dans l'attente de son jugement

(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières s'inquiète vivement des conditions de détention d'Emadoldin Baghi. Le 9 août 2008, le journaliste et militant des droits de l'homme a été placé en cellule d'isolement, à la section 209 de la prison d'Evin (Téhéran), alors qu'il devait être transféré ce jour-là vers un hôpital de la capitale. Après avoir bénéficié, en début d'année, d'une libération provisoire à cause de son c?ur
fragile, il avait été réincarcéré en avril 2008 malgré l'avis défavorable des médecins.

Pendant sa permission, Emadoldin Baghi avait adressé une lettre à l'ayatollah Mahmoud Hashemi Shahroudi, chef du système judiciaire, pour dénoncer les conditions de détention inacceptables en vigueur à la prison d'Evin, le tristement célèbre pénitencier du pays.

"Emadoldin Baghi paye le prix de sa liberté de ton. Il a souvent critiqué des officiels du régime dont certains ont été nommés aux plus hauts niveaux du pouvoir, tels que Mohseni Ejehi, ministre des Renseignements, ou encore le procureur général Dori Najafabadi. Le journaliste souffre d'un traitement discriminatoire alors que son état de santé requiert une hospitalisation", a déclaré Reporters sans frontières.

Le 9 août 2008, Emadoldin Baghi avait contacté son épouse, Fatemeh Kamali Ahmad Sarahi, pour lui apprendre la décision du médecin pénitentiaire autorisant son transfert vers un hôpital de Téhéran pour poursuivre son traitement. Quelques heures plus tard, le journaliste l'a rappelée affirmant qu'il allait être admis à la section 209 de la prison d'Evin, dans le quartier spécial contrôlé par les services de renseignements.

Le 18 août, Emadoldin Baghi est apparu affaibli à son épouse qui a été autorisée à lui rendre visite. Il s'est plaint de problèmes respiratoires dus à son enfermement dans une cellule insalubre. Le journaliste a affirmé à sa femme qu'il avait refusé de subir de nouveaux interrogatoires. "Il n'accepte plus d'être interrogé les yeux bandés et les poings liés", a-t-elle déclaré à Reporters sans frontières.

Dans une autre affaire, le journaliste indépendant Saman Rasoulpour, 23 ans, a été relâché le 14 août 2008, après le paiement d'une caution de dix millions de toumen (environ 7 000 euros), dans l'attente de son jugement. Il avait été arrêté le 27 juillet à son domicile dans la ville de Mahabad (Kurdistan), pour avoir participé à une manifestation en faveur de l'annulation de la peine de mort des deux journalistes Adnan Hassanpour et Abdolvahed "Hiva" Botimar et de celle d'un enseignant kurde. Depuis sa libération, Saman Rasoulpour a été convoqué à de nombreuses reprises par des agents du ministère des Renseignements.

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