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Un tribunal de Téhéran condamne quatre cyberféministes à six mois de prison chacune

(RSF/IFEX) - RSF trouve scandaleuse la décision de la treizième chambre du tribunal de Téhéran de condamner à six mois de prison les cyberféministes Parvin Ardalan, Jelveh Javaheri, Maryam Hosseinkhah et Nahid Keshavarz pour "publication d'informations contre le régime" en vertu de l'article 500 du code pénal islamique. Les autorités leur reprochent de collaborer aux journaux en ligne "Zanestan" ( "La cité des femmes", http://herlandmag.net ) et "Tagir Bary Barbary" ( "Changement pour l'égalité", http://we-change.org ), qui défendent la cause des femmes en Iran. Elles restent libres en attendant le verdict du jugement d'appel.

"Ces quatre journalistes publient leurs articles sur Internet car leurs revues ont été censurées. Elles sont victimes d'un véritable acharnement de la part des autorités, qui les convoquent régulièrement au tribunal afin de les interroger sur leurs activités. Elles sont victimes de véritables mesures de discrimination. Nous demandons au gouvernement de cesser ses poursuites à leur encontre", a déclaré l'organisation.

Selon l'article 500 du Code pénal de la République islamique, "quiconque est à l'origine de propagande contre l'Etat est passible de trois mois à un an de prison." Maître Shirin Ebadi, avocate des cyberféministes et lauréate du Prix Nobel de la Paix, a fait part à la presse de sa volonté de faire appel. Elle a affirmé à RSF que "ces quatre journalistes ont été condamnées simplement pour avoir publié des informations et critiqué des lois injustes envers les femmes iraniennes." "Je suis inquiète car je vois la situation s'empirer. Si la nouvelle loi sur le renforcement des peines pour les crimes commis contre la sécurité morale de la société est ratifiée par le Parlement, les blogueurs pourront être condamnés à des peines de prison. C'est désolant", a t-elle poursuivi.

Ardalan est rédactrice en chef du site "Tagir Bary Barbary". Elle a déjà fait l'objet de trois condamnations pour des motifs similaires. A ce jour, elle est condamnée à six ans et demi de prison dont un an ferme.

Javaheri, 30 ans, est journaliste pour le site Internet "Tagir Bary Barbary". Elle a déjà été arrêtée le 14 février 2008 avec Keshavarz pour "atteinte à la sécurité de l'Etat". Elle avait été détenue du 1er décembre 2007 au 3 janvier 2008 à la prison d'Evin (nord de Téhéran) avec Hosseinkhah, toutes deux accusées de "trouble de l'opinion publique", "publication de fausse information" et "publicité à l'encontre de la République islamique" pour avoir rédigé des articles qui revendiquaient la reconnaissance des droits des femmes dans la Constitution.

Keshavarz, journaliste des sites Internet "Tagir Bary Barbary" et "Zanestan", a déjà été arrêtée deux fois et interrogée par les services de renseignements de la République islamique pour avoir participé à deux rassemblements de militantes féministes. En avril 2007, elle est restée douze jours en prison. A ce jour, trois plaintes sont toujours en cours contre elle.

Hosseinkhah, 32 ans, est également journaliste pour les deux sites. Elle a été détenue du 18 novembre 2007 au 3 janvier 2008 à la prison d'Evin avec Javaheri. A ce jour, deux dossiers sont encore en cours.

Par ailleurs, la journaliste du quotidien "Sarmayeh" et du site Internet "Canon Zeman Irani" ( http://www.irwomen.com ), Jila Bani Yaghoub, a été convoquée le 2 septembre par la première chambre du tribunal de la Révolution à Téhéran, sans motif d'accusation. Le 12 juin, elle avait été arrêtée avec huit autres journalistes alors qu'elle devait couvrir l'anniversaire de la plus grande mobilisation féministe de la capitale, le 12 juin 2005. Elles avaient été libérées le lendemain matin.

L'Iran figure au 166e rang des 169 pays recensés dans le classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF.

Pour des informations complémentaires sur l'emprisonnement antérieur de Javaheri et Hosseinkhah, cliquer ici (anglais seulement): http://www.ifex.org/en/content/view/full/88202
Pour des informations complémentaires sur le cas Keshavarz, cliquer ici: http://www.ifex.org/fr/content/view/full/82570

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