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RSF presse les candidats à l'élection présidentielle de se porter à la défense de la libre expression

Photo : RSF invite les candidats, comme le réformiste Mir Hossein Moussavi, à lever l'interdit qui pèse sur les sites web s'ils sont élus
Photo : RSF invite les candidats, comme le réformiste Mir Hossein Moussavi, à lever l'interdit qui pèse sur les sites web s'ils sont élus

GhalamNews.ir

La semaine dernière, l'Iran a bloqué temporairement l'accès à Facebook, poussant les critiques du gouvernement à condamner le geste, y voyant une tentative pour réduire l'opposition au silence avant l'élection présidentielle du mois prochain.

Les autorités iraniennes bloquent souvent les sites web et les blogues qu'elles considèrent comme critiques à l'égard du régime islamique. D'après l'Associated Press, les critiques disent que la fermeture de Facebook a forcé les Iraniens à compter sur les médias d'État pour recevoir des informations, ce qui prive le débat électoral d'importantes voix indépendantes.

L'un des principaux rivaux du président Mahmoud Ahmadinejad, par exemple, le candidat réformiste Mir Hossein Moussavi, comptait sur Facebook pour mobiliser le vote de la jeunesse critique d'Iran avant le scrutin du 12 juin; sa page sur le site de réseautage social avait rassemblé plus de 10 000 partisans.

« Tout média qui est vu comme de la concurrence pour Ahmadinejad court le risque d'être fermé », a déclaré Shahab Tabatabaei, un collaborateur proche de Moussavi, aux reporters. « L'imposition de limites à la compétition constitue la principale priorité du gouvernement. »

Le blocage de Facebook ne constitue que la dernière en date des tactiques d'Ahmadinejad pour limiter le soutien à ses rivaux et pour museler la libre expression; mais, comme le fait remarquer Reporters sans frontières (RSF) dans une lettre à tous les candidats à la présidence, ce n'est pas nouveau.

D'après RSF, plus de 100 médias ont été censurés depuis août 2005 et plus de 100 journalistes et blogueurs ont été arrêtés et poursuivis - treize d'entre eux sont actuellement en prison.

Rien qu'en 2008, trente journaux ont été suspendus, vingt-deux d'entre eux sur l'ordre de la Commission pour l'autorisation et la surveillance de la presse - une excroissance du ministère de la Culture et de l'orientation islamique et le principal outil de répression des médias depuis qu'Ahmadinejad est devenu président, dit RSF. L'Iran est, depuis des années, le pays du Moyen-Orient qui emprisonne le plus de journalistes.

Le prochain président doit s'engager à libérer inconditionnellement les 13 journalistes et blogueurs, dit RSF, et à lever l'interdiction des journaux et sites web.

RSF demande aussi au prochain président « de réformer la loi afin de dépénaliser les délits de presse et de garantir la liberté d'expression sans égard à la langue, à la religion ou aux opinions politiques. La législation iranienne actuelle sur les médias est exceptionnellement répressive », dit la lettre de RSF.

À titre d'exemple, RSF attire l'attention sur l'article 24 de la Constitution, qui dispose que les « publications et journaux sont libres d'exprimer toutes les opinions sauf celles qui perturbent les bases de l'Islam et les bonnes moeurs ». L'article a été inclus dans le but déclaré de protéger le public contre tout contenu immoral, mais la censure s'est rapidement étendue aux nouvelles et aux informations politiques.

RSF presse aussi le prochain président de mettre fin au monopole de l'État sur la radiodiffusion, et de garantir le libre accès aux nouvelles et aux informations en Iran, où la possession d'une antenne satellitaire constitue un crime à l'heure actuelle.

Lire la déclaration intégrale de RSF, l'invitation faite aux candidats à la présidence de prendre l'engagement de défendre la liberté de la presse (RSF)

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