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Les membres de l'IFEX appellent à la fin de la répression des médias par le gouvernement à la suite des élections

Nik Kowsar

ARTICLE 19, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), Reporters sans frontières (RSF) et d'autres membres de l'IFEX rapportent que les autorités iraniennes censurent les sources indépendantes des médias, tant locales qu'étrangères, tandis que des manifestations hostiles au gouvernement font rage dans le pays à la suite des élections présidentielles de vendredi dernier.

Les services de sécurité entrent dans les bureaux des journaux, où ils censurent le contenu avant de l'envoyer à l'impression, rapporte RSF. La une du 15 juin de « Etemad Meli », le journal du candidat Mehdi Karoubi, montre une photo du président Mahmoud Ahmadinejad à un rassemblement avec une colonne laissée en blanc, parce qu'elle a été révisée par les censeurs.

Par ailleurs, « Kalameh Sabz », le journal du principal adversaire d'Ahmedinejad, Mir Hossein Moussavi, ne peut plus paraître depuis le 13 juin.

D'après ARTICLE 19, le ministère du Renseignement aurait ordonné à tous les journaux de ne rien publier qui remette en question la légitimité des élections.

Ahmadinejad a fustigé les médias peu après avoir revendiqué la victoire à l'élection, qui selon les critiques a été marquée par une vaste fraude. Lors d'une conférence de presse dimanche, il a accusé les médias internationaux d'entamer une « guerre psychologique » contre le pays.

Selon ARTICLE 19, les employés de plusieurs entreprises de presse internationales, dont les correspondants belges, espagnols, canadiens, américains, émiratis et italiens, se sont fait confisquer leurs bandes, ont reçu l'ordre de quitter le pays, ont été tabassés pendant qu'ils couvraient les manifestations publiques et ont même été détenus.

À la suite d'un rassemblement massif de l'opposition le 15 juin, les autorités ont entravé le travail des journalistes étrangers - y compris les Iraniens qui travaillent pour des médias étrangers - pour qu'ils parlent moins des manifestations qui se déroulaient dans les rues, indiquent le CPJ et l'Institut international de la presse (IIP). Ils ne pouvaient travailler en effet qu'à partir de leur bureau, réaliser des entrevues au téléphone et suivre les sources officielles comme la télévision d'État.

Selon la BBC, le brouillage électronique de son bulletin de nouvelles, qui a commencé le jour du scrutin, avait pris de l'ampleur à la fin du week-end, suscitant des perturbations du service pour les auditeurs et téléspectateurs de la BBC en Iran, au Moyen-Orient et en Europe.

Le 14 juin, les autorités ont ordonné la fermeture pendant une semaine du bureau de Téhéran de la chaîne arabe de nouvelles télévisées par satellite « Al-Arabiya », après que celle-ci eut diffusé une séquence de la première manifestation qui a suivi l'annonce de la réélection d'Ahmadinejad, selon ce que rapporte le Réseau arabe d'information sur les droits de la personne (Arabic Network for Human Rights Information, ANHRI).

Toute une gamme de communications sociales est aussi perturbée en Iran même depuis le jour du scrutin, notamment les services de message texte, les sites de réseautage social et les sites web officiels de campagne de l'opposition, qui servaient à organiser les manifestations. Au moins 10 sites web d'opposition ont été censurés, dit RSF. Puis, le 16 juin, les Gardiens de la Révolution iranienne ont prévenu les médias en ligne de retirer tout contenu susceptible de « créer de la tension », ou d'en assumer les conséquences judiciaires, indique l'IIP.

Mais certains manifestants en Iran communiquent avec l'Occident au moyen de serveurs internet spéciaux, comme celui mis au point par l'Université de Toronto, pour contourner les efforts en vue de bloquer les sites web.

Qui plus est, les Iraniens vivant à l'étranger ont recours aux outils de réseautage social pour répandre instantanément les nouvelles sur pays d'origine. Sur Twitter, par exemple, Hamid Akbari, un étudiant d'université à Toronto, suit huit personnes en Iran à qui il en est venu à faire confiance, rapporte le journal « Toronto Star ». Ces personnes racontent sur Twitter où se rassemblent les manifestants et ce que fait la police. Puis Akbari, par courriel ou sur Facebook, diffuse cette information à ses 500 contacts chez lui.

Par ailleurs, onze journalistes iraniens ont été arrêtés depuis le 12 juin, dont Reza Alijani, lauréat en 2001 du prix RSF-Fondation de France pour la liberté de la presse. Il a été relâché deux jours plus tard. D'après RSF, on est sans nouvelles de dix autres journalistes qui ont été arrêtés ou qui sont entrés dans la clandestinité.

RSF réitère son appel à la communauté internationale pour que celle-ci ne reconnaisse pas le résultat de l'élection. « Une élection démocratique, dit RSF, suppose des médias libres d'observer le processus électoral et d'enquêter sur les fraudes. Aucune de ces deux conditions n'est aujourd'hui présente dans la supposée réélection de Mahmoud Ahmadinejad »

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