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La répression des médias se poursuit pendant une deuxième semaine

Nik Kowsar

Tandis que des manifestations quotidiennes paralysaient le pays à la suite des élections présidentielles dont le résultat est contesté, la répression des médias s'est abattue pendant une deuxième semaine, selon ce que rapportent les membres de l'IFEX. Un nombre indéterminé de journalistes ont été arrêtés, expulsés ou confinés à leurs bureaux, tandis que les journaux sont censurés et que les communications sont perturbées.

Des centaines - peut-être des milliers - de militants et de partisans des candidats défaits, ainsi que près de 40 journalistes et travailleurs des médias sont détenus par les forces de sécurité iraniennes, dit le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

« Dans toute répression, la première étape consiste à éliminer les témoins potentiels », dit le CPJ. « Avec chaque arrestation de journaliste, chaque déportation et chaque agression contre un journaliste, croît la possibilité d'une réponse violente du gouvernement. »

Parmi les journalistes et travailleurs des médias actuellement en détention se trouvent environ 25 employés de « Kalameh Sabz », le journal réformateur appartenant au candidat réformiste défait, Mir Hossein Moussavi, qui a reçu le 22 juin la visite des forces de sécurité iraniennes, dit le CPJ. Depuis le 14 juin, le gouvernement bloque la parution du « Kalameh Sabz ».

Les journalistes étrangers courent des risques eux aussi. Le 19 juin, dans sa première adresse publique à la nation depuis le début des manifestations, le chef suprême, l'Ayatollah Ali Khamenei a blâmé les médias étrangers, les qualifiant de « maléfiques » parce qu'ils tentent de diviser le peuple iranien, rapporte le CPJ.

Le groupe des Journalistes canadiens pour la liberté d'expression (CJFE) a écrit à l'ambassade d'Iran au Canada pour protester contre l'arrestation, le 21 juin, du journaliste d'expérience et cinéaste canadien Maziar Bahari. Selon l'employeur de Bahari, le magazine américain « Newsweek », Bahari est détenu par plusieurs officiers de sécurité chez lui, à Téhéran. On n'a plus de nouvelles de lui depuis.

D'après le CPJ et Reporters sans frontières (RSF), l'Iran est maintenant le pire geôlier de journalistes du monde, surpassant même la Chine. Les membres de l'IFEX préparent une déclaration conjointe condamnant les arrestations survenues récemment.

De nombreux journalistes sont entrés dans la clandestinité pour éviter d'être arrêtés. Plusieurs journalistes étrangers ont dû quitter l'Iran, comme Jon Leyne, principal correspondant du bureau de la BBC à Téhéran. Les signaux de la BBC et des stations de radio et de télévision soutenues par le gouvernement américain restent brouillées.

Par ailleurs, les journaux d'opposition continuent d'être censurés. Le CPJ rapporte que les quotidiens « Hayat e No » et « Aftab e Yazd » ne paraissent pas à cause des restrictions que le gouvernement impose au contenu. « Aftab e Yazd » ne paraît plus depuis le 17 juin après que des officiels eurent déclaré qu'il ne pouvait pas publier en une photo de Moussavi. D'autres journaux, comme « Khabar », « Asrar » et « Hambastegy » sont également absents des kiosques à journaux.

Les Iraniens se tournent vers les outils de communication sociale, comme Facebook, Twitter et YouTube, pour obtenir des informations, mais même ces outils sont perturbés périodiquement, disent les membres de l'IFEX.

D'après le CPJ, le service en langue perse de la BBC rapporte que 180 journalistes iraniens ont fait part de leur inquiétude dans une pétition sur les pressions accrues que les autorités exercent sur les journalistes. « (La censure) atteint un niveau sans précédent. Même pendant la guerre, il n'y avait pas autant de pressions sur les publications », a fait remarquer la BBC, qui citait la pétition.

L'Union internationale des éditeurs (UIE) vient de publier un dossier intitulé « Freedom to Publish Under Siege in the Islamic Republic of Iran » (La liberté de publier en état de siège dans la République islamique d'Iran), un rapport qui précise comment la censure est utilisée dans le pays depuis plusieurs années. L'« IPA Road Map for Freedom to Publish in Iran » (Feuille de route de l'UIE pour la liberté de publier en Iran) fait des suggestions précises sur la façon de limiter la censure, par exemple en abolissant le système d'émission de permis, qui restreint la publication et la distribution des livres.

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