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Les journalistes sont forcés à des aveux dans des procès bidon; des détenus sont torturés

Les médias ont été fortement égratignés en Iran la semaine dernière, lors du ridicule procès de masse des opposants à la réélection du président Mahmoud Ahmadinejad, rapporte Reporters sans frontières (RSF). Les autorités continuent de détenir les journalistes employés par les médias étrangers et s'attaquent aux blogueurs.

Selon Human Rights Watch, les Nations Unies devraient mettre à profit la visite d'Ahmadinejad à l'Assemblée générale cette semaine pour s'attaquer à la détérioration de la crise des droits en Iran, qui comprend des allégations de meurtre, de torture et de viol des détenus.

Lors de la cinquième audition devant un tribunal révolutionnaire de Téhéran le 14 septembre 2009, RSF rapporte que des journalistes emprisonnés n'avaient toujours pas eu accès à leurs propres avocats, qui n'ont pas été autorisés à consulter la preuve montée contre leurs clients. Des avocats reliés aux services de renseignement ont été assignés par le tribunal pour représenter les journalistes.

D'après RSF, Mohammad Reza Nourbakhash, un journaliste détenu depuis le 4 août, était l'un des six défendeurs présents en cour lors de l'audition du 14 septembre. Il a été contraint de lire à voix haute une déclaration confirmant sa culpabilité et celle de politiciens, le tout en complète conformité avec la mise en accusation de la poursuite. Les six prévenus ont tous admis avoir été manipulés par de « fausses informations parues sur Internet ».

Le procureur s'en est pris au site web de réseautage social « Facebook » et au site web de partage de bandes vidéo « YouTube », affirmant que les États-Unis faisaient la promotion de ces sites afin d'influencer les émeutiers et de « livrer une guerre psychologique contre l'Iran ».

« Il faut mettre fin à ce travestissement de la justice », dit RSF. « Les autorités judiciaires iraniennes veulent humilier les journalistes et les blogueurs en organisant des aveux et des demandes de pardon obtenus par la contrainte. Les journalistes et les utilisateurs ordinaires de l'Internet sont traduits devant les tribunaux rien que pour avoir envoyé des courriels et avoir regardé des sites web de nouvelles. Le régime veut punir non seulement les journalistes professionnels, mais aussi quiconque accède à des nouvelles et à des informations. »

RSF est également outré de constater que Maziar Bahari, le correspondant du magazine d'informations américain « Newsweek », arrêté il y a trois mois, et Fariba Pajooh, journaliste indépendante travaillant à « Radio France Internationale », qui entame son deuxième mois de détention, sont toujours emprisonnés. Bahari possède le double citoyenneté, canadienne et iranienne.

« Les médias étrangers sont toujours visés par le gouvernement et accusés d'espionnage. On a recours à des pressions physiques et psychologiques pour forcer leurs correspondants détenus à passer aux aveux », dit RSF.

Au 16 septembre, au moins 22 journalistes étaient toujours détenus dans les prisons d'Iran, après avoir été arrêtés au lendemain des élections de juin, indique le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Les autorités ont procédé à l'arrestation de milliers de protestataires, elles censurent les médias, bloquent les sites web, expulsent et vilipendent les journalistes étrangers et traduisent devant les tribunaux des dizaines de détenus, parmi lesquels se trouvent des journalistes. Au moins 70 d'entre eux sont détenus après avoir été arrêtés lors de grandes rafles qui ont commencé le 12 juin.

RSF fait état d'arrestations ininterrompues, dont celle, le 17 septembre, d'Ali Pirhasanlou, l'un des premiers journalistes en Iran à avoir entrepris de tenir un blogue. Pirhasanlou, qui écrivait dans plusieurs journaux réformateurs aujourd'hui fermés, et qui tient maintenant un blogue sous le pseudonyme de Alpar, a été arrêté avec sa femme, Fatemeh Sotoudeh. Ils sont accusés d'« activités contraires à la sécurité nationale ».

Par ailleurs, la Campagne internationale en faveur des droits de la personne en Iran et le groupe Human Rights Watch ont déclaré le 21 septembre que le gouvernement camoufle les décès survenus en détention en intimidant et en menaçant les familles pour qu'elles affirment que leurs proches sont morts de causes naturelles. De plus, les deux organisations ont documenté la torture de personnes comme Ebrahim Sharifi, détenu pendant une semaine à partir du 22 juin. Celui-ci a déclaré à la Campagne avoir subi de graves passages à tabac, avoir été soumis à des simulacres d'exécution et avoir subi une agression sexuelle. Les deux groupes de défense des droits pressent l'Assemblée générale de l'ONU de dépêcher en Iran un envoyé spécial chargé d'enquêter sur ces violations.

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