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La torture des critiques de l'opposition et des journalistes se poursuit; la liberté de parole en ligne est surveillée de près

Un comité des droits de la personne des Nations Unies a accusé le 20 novembre le gouvernement iranien de recourir de plus en plus à la torture, au fouet et à l'amputation des dissidents, selon ce que rapporte Reporters sans frontières (RSF). Le gouvernement vient en outre de lancer une nouvelle Unité des crimes sur le web, afin de contrôler l'un des derniers espaces de la libre expression en Iran, tandis que le pays tente de resserrer son contrôle sur l'information, les idées et les opinions, indique ARTICLE 19.

La résolution des Nations Unies survient après que 109 organisations indépendantes de défense des droits de la personne et de la société civile, dont trois groupes membres de l'IFEX, eurent fait parvenir une lettre le 11 novembre aux Nations Unies, priant l'organisation de condamner les violations des droits de la personne en Iran et conseillant au gouvernement iranien de respecter ces droits, rapporte l'Institut du Caire pour les études sur les droits de la personne (Cairo Institute for Human Rights Studies, CIHRS). Des milliers d'Iraniens ont subi cette année des violations de leurs droits dans le cadre d'une « purge idéologique massive »; un grand nombre d'entre eux ont été tabassés et se sont fait tirer dessus lors de manifestations, ont subi viols et tortures en détention, ont été forcés de faire de faux aveux lors de procès spectacles, et ont disparu. D'après la lettre, « l'Iran a exécuté 115 personnes reconnues coupables de crimes dans les 50 jours qui ont suivi les élections contestées du 12 juin ».

Dans une déclaration distincte, RSF affirme que « l'Assemblée générale des Nations Unies doit donner un suivi aux travaux de ce comité en adoptant une résolution pour dénoncer l'absence de transparence dans la conduite des procès politiques en cours et des sentences illégales et arbitraires prononcées contre les militants d'opposition et les journalistes ».

Dernièrement, le journaliste Sasan Aghaei, du quotidien « Farhikhteghan », a été arrêté le 22 novembre à son domicile de Téhéran, rapporte RSF.

D'autres journalistes incarcérés ont été condamnés à des peines de cinq à sept ans de prison à l'issue de procès politiques « de type stalinien » qui se sont déroulés depuis août, rapporte RSF. Les détenus étaient représentés par des avocats désignés d'office par le tribunal et rattachés aux services de renseignement.

Pendant leur séjour en prison, les journalistes sont torturés, harcelés, interrogés à toute heure du jour; ils n'ont pas le droit de voir leur famille, ils sont placés en isolement cellulaire et se voient nier tout traitement médical, indique RSF. En août, un important journal réformateur, « Etemad-e Melli », a été fermé à la suite de la publication de son plan de publication d'allégations selon lesquelles des manifestants avaient été violés en détention dans les prisons de Téhéran pendant les troubles post-électoraux, rapporte ARTICLE 19.

Un dirigeant religieux, Mohammad Ali Abtahi, connu sous le sobriquet du « Mollah qui blogue » et qui purge une peine de six ans de prison, a été remis en liberté le 22 novembre après avoir versé une caution exorbitante de 700 millions de tomans (520 000 euros), rapporte RSF.

« Il faut préciser clairement qu'il n'y a pas que la question nucléaire qui inquiète le monde lorsqu'il s'agit de Iran », dit le CIHRS. « Nous sommes extrêmement préoccupés par les mauvais traitements que le gouvernement iranien inflige à sa population, et nous demandons aux gouvernements et aux Nations Unies de renforcer leur attention sur cette question. »

Dans la région, l'Iran est au premier rang quand il s'agit de trouver des moyens de contrôler la dissidence dans le cyberespace. Une Unité des crimes sur le web, créée récemment et composée de douze personnes, met l'accent sur la recherche de cyber-crimes comme les « insultes et mensonges », expression souvent utilisée pour décrire les déclarations de l'opposition, dit ARTICLE 19. Le web était une sorte de cordon ombilical pour les forces de l'opposition. Il a permis la communication, le débat et la mobilisation de l'appui avant, pendant et après les élections contestées de juin. L'Unité des crimes sur le web vise à « isoler les médias iraniens et la communauté universitaire d'Iran de leurs homologues du reste du monde, et à limiter le dialogue et les débats interculturels ».

Une cinquantaine de journalistes environ ont fui le pays depuis les élections contestées de juin. RSF a lancé un appel à des dons pour aider ces blogueurs et journalistes qui se battent pour trouver un refuge sûr. Pour plus de renseignements, communiquer avec : assistance (@) rsf.org ou cliquer ici pour faire un don :

Reporters Sans Frontieres

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