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Rafle chez les journalistes et les critiques de l'opposition; 42 personnes sont incarcérées

Les autorités iraniennes pourchassent d'éminents journalistes indépendants et des personnalités d'opposition tandis qu'elles procèdent à une nouvelle vague d'arrestations qui a commencé le lendemain du jour où des manifestations d'opposition se sont déroulées dans tout le pays, le 27 décembre 2009, selon ce que rapportent les membres de l'IFEX. L'Iran est maintenant pour les médias la plus grande prison du monde, alors qu'elle compte 42 journalistes derrière les barreaux en date de cette semaine, dit Reporters sans frontières (RSF).

Le 4 janvier, 36 parlementaires ont présenté un projet de loi stipulant que les opposants du gouvernement qui sont détenus devraient être considérés comme des « ennemis de Dieu » et exécutés « dans un délai maximal de cinq jours » après leur arrestation, indique RSF.

Selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), au moins 11 journalistes ont été arrêtés après les manifestations de masse du 27 décembre. La violence a éclaté entre les manifestants et la police lorsque les autorités ont tenté d'interdire une procession destinée à marquer le festival musulman de l'Achoura, qui coïncidait avec le décès de l'ayatollah Hossein Montazeri.

À la mort de Montazeri le 20 décembre, « alors que les autorités avaient interdit l'organisation de rassemblements en hommage à cette personnalité réformatrice, des milliers de personnes ont bravé l'interdit », rapporte RSF. Immédiatement après son décès, les articles sur Montazeri ont été interdits, les connexions Internet ralenties et les communications téléphoniques perturbées.

Encore plus de journalistes ont été arrêtés la semaine dernière, rapportent RSF, le CPJ et la Fédération internationale des journalistes (FIJ). Le journaliste Ahmad Zeydabadi a été condamné en novembre à six ans de prison et à cinq ans d'exil dans un village isolé du désert, rapporte RSF. Le journaliste et économiste Bahaman Ahamadi Amoee a également été condamné à sept ans et quatre mois de prison et à 34 coups de fouet pour activités hostiles à l'État, selon ce que rapporte l'Institut international de la presse (IIP).

Un journaliste et défenseur important des droits de la personne, Emadoldin Baghi, a été arrêté le 28 décembre chez lui à Téhéran. Baghi a été « convoqué, condamné et incarcéré plus de quatre-vingts fois au cours des dix dernières années », rapporte RSF. Baghi a été honoré en se voyant décerner en 2009 le prix Martin-Ennals pour les défenseurs des droits de l'homme.

RSF rapporte que Alireza Behshtipour Shirazi, directeur du site Kaleme.org (site officiel de Mirhossein Moussavi), a aussi été arrêté le 28 décembre.

Par ailleurs, la plupart des sites web d'opposition ou de nouvelles indépendants ont été rendus inaccessibles, dit RSF. Les dernières restrictions concernant l'Internet sont orchestrées par les autorités iraniennes et les serveurs des Gardiens de la Révolution. La cyberpolice s'est aussi attaquée le mois dernier aux sites web de Mowjcamp et de Twitter.

Ont également été arrêtés récemment Badralsadat Mofidi et Mashaalah Shamsolvaezin, respectivement secrétaire général et vice-président de l'Association des journalistes iraniens (Association of Iranian Journalists, AoIJ), organisation affiliée à la FIJ.

Le lauréat du prix international du CPJ pour la Liberté de la presse (CPJ International Press Freedom Award), Mashallah Shamsolvaezin, a été arrêté le 29 décembre. Il est ancien rédacteur en chef de quatre quotidiens réformateurs, qui ont tous été fermés entre 1998 et 2000.

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