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La répression systématique de la dissidence se poursuit

Les autorités iraniennes mènent une campagne mortelle pour faire taire les journalistes et les critiques indépendants, rapportent le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et Reporters sans frontières (RSF). Deux citoyens iraniens de la toile et défenseurs des droits de la personne risquent la peine de mort. RSF accuse le régime iranien de crimes contre l'humanité.

Les blogueurs Mehrdad Rahimi et Kouhyar Goudarzi sont accusés d'avoir voulu faire la guerre contre Dieu, rapporte RSF. En cas de culpabilité, ils pourraient être exécutés. Récemment, deux autres hommes ont été pendus le 28 janvier parce qu'ils étaient des ennemis de Dieu. « L'Iran exécute chaque année davantage de monde que tout autre pays à l'exception de la Chine », dit Human Rights Watch. Lors du dernier procès, qui a commencé le 30 janvier, 16 prévenus ont été accusés d'être des ennemis de Dieu, dit RSF.

Tant Rahimi que Goudarzi sont membres du Comité des reporters des droits de la personne (Committee of Human Rights Reporters), mis sur pied par des étudiants et des blogueurs afin de transmettre des informations sur la répression qui a suivi l'élection présidentielle très contestée de juin 2009, dit RSF. D'autres membres du comité ont aussi été arrêtés et sont détenus à la prison Evin de Téhéran.

Le régime iranien continue de trouver de nouveaux moyens de traquer la dissidence. Les autorités ont recours à des « sites miroirs » pour pourchasser les usagers de l'Internet, rapporte RSF. « Imitant les sites web d'organisations politiques et de médias d'informations étrangers, le régime invite les visiteurs à lui envoyer des courriels et des vidéos sur les manifestations ou à afficher des commentaires, et s'en sert pour amasser des preuves à l'appui des accusations d'espionnage au profit d'organisations étrangères. »

Aussi, 15 journaux ont reçu la semaine dernière des avertissements pour avoir publié des commentaires critiques à l'égard du régime, dit RSF. De nombreux journalistes arrêtés il y a dix jours se sont vu nier tout contact avec leurs familles et leurs avocats. Plusieurs détenus de la prison d'Evin sont soumis à des pressions extrêmes pour les faire passer aux aveux, et leurs noms ne figurent pas aux registres officiels des prisons ni sur le site web du ministère de la Justice.

Les arrestations arbitraires et les détentions illégales de journalistes se multiplient. « Détenus au secret dans des conditions extrêmement difficiles, avec de longues périodes d'isolement total, les journalistes voient leurs droits les plus élémentaires ouvertement bafoués », dit RSF.

Le 20 janvier, RSF a prié la communauté internationale de s'exprimer. « Ces détentions in communicado (...) peuvent être qualifiées de disparitions forcées et de crimes contre l'humanité », dit RSF.

« Ces détentions au secret... peuvent être considérées comme des disparitions forcées et des crimes contre l'humanité », dit RSF.

Les autorités détiennent actuellement au moins 47 journalistes, rapporte le CPJ. « Le caractère implacable de la répression de la presse en Iran démontre que les autorités continuent de craindre les nouvelles idées et l'information. » Les journalistes sont condamnés à de lourdes peines de prison, à des coups de fouet, à l'exil intérieur et à des interdictions à vie d'écrire.

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