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Les membres de l'IFEX, fer de lance d'une campagne pour obtenir la libération des journalistes iraniens emprisonnés

Une coalition de membres de l'IFEX a lancé la semaine dernière une campagne sur le 31e anniversaire de la révolution iranienne, pour faire pression sur le gouvernement iranien et l'amener à libérer les journalistes et les activistes emprisonnés pour avoir exercé leur droit à la libre expression. La campagne « Notre société sera une société libre » tire son appellation d'une promesse que l'Ayatollah Khomenei avait faite pendant la Révolution iranienne de 1979 de protéger la liberté d'expression et la presse.

Mais au cours des 31 dernières années, des milliers de journaux ont été fermés, des centaines de journalistes ont été arrêtés et des centaines d'autres condamnés à de lourdes peines de prison, tandis que des dizaines d'autres encore ont été exécutés. Dans les jours qui ont précédé l'anniversaire, dans le but de faire cesser les protestations de l'opposition et de contrôler le flux de information qui entre dans le pays et qui en sort, les autorités ont suspendu Google Mail (affirmant qu'elles allaient créer sous peu un service national de courriel), bloqué les messages textes, ralenti la connectivité à l'Internet et arrêté plusieurs journalistes, selon ve que rapportent le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et Reporters sans frontières (RSF). Par ailleurs, les journalistes étrangers ont été invités à venir en Iran couvrir les célébrations favorables au gouvernement, indique RSF.

La coalition est une initiative conjointe du CPJ, de RSF, du PEN International, du Centre américain du PEN International, du PEN d'Angleterre, de Index on Censorship, des Journalistes canadiens pour la liberté d'expression (CJFE) et de l'Union internationale des éditeurs (UIE). Elle est animée par « une préoccupation partagée, urgente, pour le bien-être des journalistes, des écrivains et des blogueurs, et par une profonde inquiétude en ce qui concerne la situation de la libre expression en Iran ». La campagne se déroulera jusqu'au 20 mars, date du Nouvel An iranien, et tiendra des événements en vue d'accroître la pression pour obtenir la libération des écrivains et des personnes incarcérées. Puis elle se poursuivra en Amérique du Nord et en Europe pendant tout le printemps. Le groupe invite en outre les leaders mondiaux à faire pression sur l'Iran pour faire libérer les dissidents en prison. Certains des journalistes les plus distingués et des principaux blogueurs sont derrières les barreaux.

Dans une lettre ouverte adressé au Dirigeant suprême de l'Iran, l'Ayatollah Ali Khamenei, la coalition lui demande de respecter l'esprit de la révolution de 1979 et de « protéger les droits de la personne et (de) célébrer la liberté d'expression du peuple iranien » en libérant les 60 écrivains, journalistes et blogueurs, et plus même, qui sont incarcérés. « Cette liste, dit la lettre, constitue le nombre le plus élevé de nos collègues emprisonnés dans quelque pays que ce soit sur la terre à quelque moment que ce soit depuis une décennie ».

Dans un article publié en regard de la page éditoriale le 10 février dans le « International Herald Tribune » et adressé à l'Ayatollah Khamenei, le journaliste et documentariste irano-canadien Maziar Bahari, qui collabore à la coalition, déclarait : « la seule accusation portée contre de nombreux reporters qui languissent dans les prisons d'Iran à l'heure actuelle, c'est d'avoir présenté un miroir des actions du gouvernement iranien. Ils ne tentent pas de le renverser. Ils n'ont jamais pris les armes. Ils ont tous fait leur travail de manière aussi non violente que tous les journalistes ailleurs dans le monde. » Bahari a été arrêté tandis qu'il couvrait des manifestations à Téhéran dans le sillage des élections très contestées de juin 2009. Il a également déclaré qu'« (il) avai(t) été suffisamment malchanceux de savoir de première main comment vos agents traitent les journalistes. J'ai été retenu dans votre prison pendant 118 jours rien que pour avoir été journaliste. Pendant la majeure partie de ce temps, j'ai été torturé. »

Le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies s'est réuni le 15 février pour examiner le bilan de l'Iran au chapitre des droits de la personne. Le Conseil a « plus de 200 rapports qui documentent les arrestations arbitraires, les détentions au secret et la torture, souvent afin d'extorquer des aveux d'intellectuels, d'étudiants, d'artistes, de défenseurs des droits de la personne, de journalistes et autres, après les élections présidentielles de l'an dernier », indique le Comité des écrivains en prison du PEN International (Writers in Prison Committee of International PEN, WiPC).

« Les pays qui ne disent rien de la sanglante répression qui se déroule en Iran depuis huit mois se font les complices de ces crimes », dit RSF. « Lorsque le Conseil des droits de l'homme de l'ONU procédera à sa Revue périodique universelle de l'Iran, il devra se montrer à la hauteur de sa tâche. »

Le 17 février, la coalition a appelé les rapporteurs spéciaux des Nations Unies à se rendre en Iran. Les experts des droits de la personne des Nations Unies ont déjà attiré l'attention sur les arrestations de masse et les violations des droits des dissidents, dit Index on Censorship, « mais il est essentiel de mener sur place une enquête indépendante ».

Les organisations iraniennes de défense des droits de la personne et les activistes et les groupes internationaux du travail ont protesté cette semaine à l'extérieur des bureaux de l'ONU à Genève, exigeant le libération immédiate et inconditionnelle des prisonniers politiques, rapporte la Fédération internationale des journalistes (FIJ). Il y a deux semaines, la FIJ a participé à une réunion du Parlement européen sur « Les droits de la personne, des journalistes et des syndicats en Iran : Le nouvel état d'urgence ». Le groupe appelle au retour de l'Association des journalistes iraniens (Iranian Association of Journalists, AoIJ).

Signez la pétition pour faire libérer Kian Tajbakhsh, universitaire irano-américain condamné en août 2009 à 15 ans de prison après un procès de masse qui a regroupé 140 activistes, intellectuels et écrivains. Allez à : Free Kian
( http://www.freekian09.org/tag/our-society-will-be-a-free-society/ )

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