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Un an après, toujours pas d'explication sur la mort en détention d'Omidreza Mirsayafi

(RSF/IFEX) - "Le 18 mars 2010 marquera le premier anniversaire de la mort tragique en prison du blogueur Omidreza Mirsayafi. Un décès qui aurait pu être évité sans la négligence dont ont fait preuve les autorités pénitentiaires. Si elles étaient intervenues promptement et avaient accompli les actes nécessaires, le blogueur Omidreza Mirsayafi aurait pu être sauvé. Sa mort est d'autant plus regrettable que la détention du blogueur était totalement injustifiée", a déclaré Reporters sans frontières.

Il est 12 heures le 18 mars 2009 quand Omidreza Mirsayafi fait un malaise. Il est transporté à la clinique de la prison d'Evin. Il faut trois heures à l'administration pénitentiaire pour le transférer à l'hôpital Loghman Hakim, au centre-ville de Téhéran. Admis à 16 heures, il décédera une heure plus tard d'une intoxication médicamenteuse (propranolol). Le médecin légiste concluant au suicide, le corps est remis à la famille pour les funérailles. Ses proches ne cesseront en vain de réclamer une contre-expertise de l'autopsie. En novembre 2009, une commission sous tutelle du ministère de la Santé rendra un rapport parvenant aux mêmes conclusions que celles rendues par le médecin légiste. La famille a porté plainte contre l'administration de la prison d'Evin.

Reporters sans frontières se joint aux proches du blogueur pour demander qu'une enquête soit menée par une commission indépendante et impartiale. Tous les documents liés à l'emprisonnement d'Omidreza Mirsayafi et à sa mort doivent être publiés pour en comprendre les circonstances matérielles. De nombreuses questions demeurent en effet sans réponse. Pourquoi le juge n'a-t-il pas écouté l'avocat du blogueur lorsqu'il lui faisait remarquer qu'Omidreza Mirsayafi ne supporterait pas la prison du fait d'une tendance dépressive ? Comment a-t-il pu se procurer une cinquantaine de cachets sans que personne ne s'en rende compte ? Pourquoi les autorités ont-elles mis autant de temps à le transférer à l'hôpital, en dépit de l'urgence et de la gravité de sa situation ? Autant d'éléments qui soulignent les négligences caractérisées des autorités iraniennes dans le traitement médical et psychologique du blogueur Omidreza Mirsayafi.

"Sa mort constitue l'emblème de la tragédie qui touche les voix dissidentes en Iran aujourd'hui, et Omidreza Mirsayafi symbolise cette population persécutée, poursuivie, arrêtée, incarcérée et réduite au silence. Nous rendons hommage aujourd'hui à la mémoire d'Omidreza Mirsayafi et exigeons la libération immédiate de la cinquantaine de journalistes et blogueurs toujours emprisonnés dans le pays pour s'être simplement exprimés librement", a ajouté l'organisation.

Par ailleurs, une trentaine de net-citoyens auraient été arrêtés le 13 mars 2010 par les Gardiens de la Révolution selon l'Agence France-Presse. Des arrestations une nouvelle fois sans base juridique et qui prouvent que la répression continue et s'intensifie à l'égard des internautes. Pour la première fois, ces derniers sont formellement accusés d'être directement liés à des organisations de l'opposition basées à l'étranger ainsi qu'aux services de renseignements occidentaux, notamment la CIA. Les autorités considèrent que l'agence américaine est responsable des mouvements de contestation qui ont lieu depuis près d'un an en Iran, en fournissant des logiciels de contournement de la censure et en incitant la population à participer à des rassemblements interdits.

Reporters sans frontières demande que les identités de ces trente personnes soient rendues publiques au plus vite, ainsi que les motifs de leur arrestation. Les chefs d'accusation doivent être personnels et non collectifs, et leurs droits doivent être respectés.

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