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Ayatollahs, féministes et étudiants dans le collimateur des censeurs du Web

(RSF/IFEX) - Le 6 octobre 2010 - Reporters sans frontières exprime son indignation face à la politique de répression menée par le gouvernement iranien contre les net-citoyens, dans le cadre d'un durcissement et d'un élargissement de la censure sur Internet. Au cours des derniers jours, plusieurs sites d'informations ont été bloqués, notamment ceux de trois Grands Ayatollahs influents, les Ayatollahs Saanei, Bayat Zanjani et Dastgheib ( http://www.dastgheib.ir/ ), inaccessibles en Iran depuis le 3 octobre 2010.

Convocations et menaces, en particulier à l'encontre des militantes des droits des femmes et d'étudiants actifs sur le Net, se succèdent à un rythme effrayant.

Après les féministes et les étudiants, c'est au tour des Ayatollahs de faire les frais de la censure. Le gouvernement de Mahmoud Ahmadinejad, soutenu par le Guide suprême Ali Khamenei, ne tolère plus les voix des dignitaires religieux du pays. Destinés à répondre aux besoins spirituels de leurs fidèles, ces sites, qui sont loin d'être des sites d'informations ou d'opposition politique, sont pourtant dans la ligne de mire du pouvoir. En empêchant les Iraniens de consulter ces pages, la République islamique a décidé de donner une nouvelle ampleur à la censure.

Le 3 octobre 2010, les sites des deux Ayatollahs Yousef Saanei et Asadollah Bayat Zanjani ont été bloqués, information confirmée par les bureaux respectifs des deux responsables religieux. Connus pour leur ton critique envers la politique du gouvernement et le Guide suprême Ali Khamenei, ils ont régulièrement protesté contre la répression des manifestations qui a suivi la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad à la présidence iranienne en juin 2009. Le site de l'Ayatollah Seyyed Ali Mohammad Dastgheib, autre figure religieuse importante, est filtré depuis plusieurs mois. Bien qu'il en soit membre, il a plusieurs fois critiqué l'Assemblée des experts, institution chargée de choisir et de surveiller le Guide suprême, et seule autorisée à émettre des avis.

Le 22 septembre 2010, Noushin Ahmadi Khorasani, rédactrice en chef du site l'Ecole féministe ( http://www.feministschool.com/ ), a été convoquée et interrogée par la cinquième chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran situé dans la prison d'Evin, avant d'être relâchée sous caution. Faisant partie des fondatrices de la campagne "Un million de signatures pour obtenir la modification des lois discriminatoires envers les femmes", relayée sur le Web, Noushin Khorasani est victime d'un véritable harcèlement juridique de la part des services de renseignements, qui l'ont convoquée et interrogée à plusieurs reprises depuis 2009.

Le seul crime de cette femme est de lutter légalement contre les lois discriminatoires envers les femmes et de résister pour donner la parole aux femmes sur le Net, malgré le filtrage, les arrestations et les condamnations multiples.

Par ailleurs, les agents des services de renseignements ont accru leur pression sur les étudiants et leurs sites d'informations depuis le début de l'année scolaire iranienne. Les net-citoyens du site d'informations Advar News, lié au Bureau de la consolidation de l'union, un syndicat d'étudiants indépendant, ont été menacés et sommés d'arrêter leurs publications en ligne. Plusieurs membres proches du syndicat ont été arrêtés et condamnés à de lourdes peines, notamment les journalistes Ali Malihi, arrêté le 2 février 2010 et condamné à quatre ans prison, et Ahmad Zeydabadi, arrêté le 14 juin 2009 et condamné à six ans de prison. Ce dernier est lauréat de la Plume d'or décerné par l'Association mondiale des journaux (WAN-IFRA). Akbar Ganji, ancien journaliste emprisonné et lauréat de ce prix en 2005, recevra, le 6 octobre à Hambourg, la récompense au nom de son confrère lors du Congrès annuel de la WAN-IFRA.

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