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Sept journalistes arrêtés en moins d'une semaine

Tandis qu'il entreprenait ces derniers mois avec la communauté internationale une ronde de discussions sur son programme nucléaire, l'Iran intensifiait ses attaques contre les médias, fidèle à sa réputation de pire geôlier de journalistes qui soit dans le monde. La police a effectué le 7 décembre deux descentes au bureau du principal journal réformateur d'Iran, « Shargh », et a tabassé et arrêté quatre de ses journalistes, selon ce que rapportent le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), Reporters sans frontières (RSF), ARTICLE 19 et Index on Censorship. Trois autres journalistes ont été arrêtés depuis, qui s'ajoutent à d'autres nouvelles concernant les traitements abusifs que subissent les prisonniers iraniens.

Un journaliste non identifié qui travaille au quotidien « Shargh » a déclaré à Radio Farda, laquelle est financée par le gouvernement des États-Unis, qu'il pense que son journal a été envahi à cause d'un numéro à paraître sur la Journée des Étudiants, qui commémore la journée de 1953 où les étudiants iraniens ont manifesté contre le coup d'État commandité par les États-Unis. Ce jour sert maintenant de journée de manifestation contre l'ingérence étrangère et le gouvernement. Des agents du ministère du Renseignement ont procédé le 12 décembre à l'arrestation de deux autres journalistes du « Shargh ». Le journal a été suspendu à plusieurs reprises depuis son lancement en 2002.

Le 9 décembre, un journaliste économique au quotidien suspendu « Etemad », Amir Hadi Anvari, a été arrêté. Puis, le 12 décembre, Mashaallah Shamsolvaezin, porte-parole de l'Association des journalistes iraniens et du Comité iranien pour la Défense de la liberté de la presse, et rédacteur à plusieurs quotidiens réformateurs, fermés en 1998-2000, a été condamné à 16 mois de prison pour avoir « insulté le président de la République ».

« J'ai été condamné à un an de prison pour avoir miné l'establishment en accordant des entrevues à des réseaux de télévision étrangers et à des agences de nouvelles étrangères », a déclaré Shamsolvaezin à l'Agence France-Presse. « J'ai aussi reçu une peine de quatre mois de prison pour avoir qualifié Ahmadinejad de mégalomane dans une entrevue à la chaîne de télévision Al-Arabiya, que les procureurs ont interprété erronément comme une folie et donc comme une insulte pour le président. »

En octobre, RSF a écrit une lettre aux ministres des Affaires étrangères d'Allemagne, de Chine, des États-Unis, de France, de Grande-Bretagne et de Russie, les priant instamment de soulever la question de la liberté d'expression en Iran dans leurs pourparlers nucléaires. La lettre mentionnait « les lourdes peines de prison infligées récemment aux blogueurs Hossein Ronaghi Maleki et Hossein Derakhshan ».

D'après les dépêches, Derakhshan, qui possède la double citoyenneté iranienne et canadienne, a été libéré temporairement le 9 décembre sous une caution de 1,5 million de dollars US. Il est retourné en prison après moins de 48 heures de liberté passées dans sa famille.

Une fois incarcérés, les prisonniers sont traités avec cruauté. « Le gouvernement fait des pieds et des mains pour maltraiter physiquement et mentalement les dizaines de journalistes qu'il garde dernière les barreaux, même lorsqu'il continue d'en rafler d'autres », dit le CPJ.

Un membre fondateur de l'Association des journalistes iraniens, maintenant dissoute, Issa Saharkhiz, a subi toute une série d'interventions chirurgicales à l'infirmerie de la prison parce que les autorités carcérales n'ont pas autorisé son transfert dans un hôpital. Saharkhiz, qui a travaillé pendant 15 ans à l'agence IRNA, l'agence de nouvelles officielle d'Iran, a été arrêté en juillet 2009.

Le 5 décembre, Emadeddin Baghi s'est rendu aux autorités à la prison Evin de Téhéran pour commencer à y purger une peine de sept ans de prison, en dépit de graves troubles de santé survenus en raison de son séjour précédent en prison. Défenseur chevronné des droits des prisonniers, il a été hospitalisé à de nombreuses reprises.

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