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Censure sur la répression de manifestations menées par la minorité arabe dans la région du Khouzistan

(RSF/IFEX) - Le 23 avril 2011 - Reporters sans frontières condamne l'usage de la force par les autorités iraniennes pour contenir les manifestations qui ont eu lieu le 15 avril 2011 dans le Khouzistan (sud du pays) et l'interdiction imposée à la presse nationale et internationale de couvrir les incidents sanglants. Par ailleurs, une semaine après les affrontements entre manifestants et forces de l'ordre, la répression continue : plusieurs net-citoyens et collaborateurs des médias ont été arrêtés.

"Alors qu'avec cynisme il défend la liberté d'information sur les violences survenues dans les pays voisins, en premier lieu au Bahreïn où des manifestations contre le régime ont été réprimées dans le sang, le régime de Téhéran impose depuis plus d'une semaine un black-out total sur les heurts entre manifestants de la minorité arabe et forces de l'ordre au Khouzistan, en interdisant l'accès de la région à la presse, quelle soit indépendante ou d'Etat, en bloquant la diffusion d'information sur ces événements meurtriers, et en coupant la région du reste du monde," a déclaré RSF.

Le 15 avril 2011 a marqué le sixième anniversaire des affrontements qui ont ébranlé le Khouzistan en 2005, opposant la communauté arabe majoritaire dans la région aux forces de l'ordre. Plusieurs appels à manifester dans la ville d'Ahvaz ont été lancés sur Internet et les réseaux sociaux pour commémorer la tragédie. Les forces de l'ordre s'en sont alors pris à un rassemblement spontané des jeunes, tirant sur la foule à balles réelles. Trois manifestants ont été tués. Les manifestations qui se sont poursuivies le 16 avril ont été réprimées de manière brutale par les Gardiens de la Révolution dans plusieurs quartiers de la ville, comme ceux d'Haisohari, de Coy Alvaieh et de Cot Abdollah.

L'arrestation massive d'activistes, qui avaient commencé bien avant le lancement des mots d'ordre à manifester, se poursuit encore aujourd'hui. Selon certaines sources, plus de 97 personnes sont actuellement détenues dans plusieurs prisons de la région, en particulier à celle de Sepidar et celle, secrète, de Zyton (sous la responsabilité du ministère des Renseignements) dans la ville d'Ahvaz. Ont été arrêtés, notamment, Ali Badri, directeur du blog Shataljarhi, Ali Torofi, directeur du blog Karoniat, Hamin Hairi et Shahid Amori, poètes et collaborateurs de plusieurs médias. De nombreux intellectuels et défenseurs des droits de l'homme en Iran ont condamné les violences.

Shirin Ebadi, prix Nobel de la paix 2003, dans une lettre adressée le 18 avril 2011 au Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme Navi Pillay lui a demandé d'intervenir : "Nous n'avons aucune information sur le sort des prisonniers ; les services de sécurité ont obligé les familles des victimes à se taire."

Les violences, il y a 6 ans, ont été déclenchées suite à la publication d'une information sur une politique de déportation de la minorité arabe du Khouzistan mise en place par les autorités de Téhéran. Le 15 avril 2005, une lettre attribuée à l'un des responsables du gouvernement avait évoqué explicitement la possibilité "de déplacer les Arabes de cette zone très sensible en les relogeant dans d'autres régions du pays." Malgré les démentis officiels du régime de Téhéran, qui avait affirmé que cette lettre était un faux, plusieurs villes de la province s'étaient soulevées et avait été, pendant deux jours, le théâtre de violences meurtrières. Les autorités iraniennes avaient annoncé, le 18 avril 2005, la fermeture du bureau à Téhéran de la chaîne qatarie Al-Jazeera pour "incitation au trouble" après qu'elle eut couvert les incidents.

Par ailleurs, Reporters sans frontières a appris l'arrestation, le 17 avril 2011, à Sanandaj (province du Kurdistan, dans l'ouest du pays) de Manoucher Tamary, journaliste de l'agence de presse officielle IRNA. Des agents en civil sont venus l'arrêter à son domicile et l'ont emmené dans un lieu inconnu, après avoir effectué une perquisition et confisqué son ordinateur. Manoucher Tamary, 56 ans, collabore avec IRNA depuis 1994. Selon l'agence, le journaliste avait été convoqué au ministère des Renseignements une semaine avant son arrestation. La direction de l'agence a demandé sa libération.

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