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Les autorités sont responsables de la mort de Siamak Pourzand

Siamak Pourzand
Siamak Pourzand

PEN American Center

Les autorités iraniennes sont responsables du suicide du journaliste iranien Siamak Pourzand, dit Reporters sans frontières (RSF). Alternativement détenu et mis en résidence surveillée depuis dix ans, interdit de sortir du pays et séparé de sa famille, Pourzand, qui était âgé de 80 ans, s'est suicidé le 29 avril à Téhéran, rapportent RSF et le Centre américain du PEN International.

« Nous tenons les autorités iraniennes pour responsables de ce geste de désespoir », dit RSF. « Malgré les nombreuses demandes de sa famille et de différentes organisations de défense des droits de l'homme, parmi lesquelles Reporters sans frontières, auprès des autorités iraniennes, jamais les présidents Mohammad Khatami et Mahmoud Ahmadinejad, ni les responsables de la justice... n'ont intercédé en faveur de ce journaliste. »

Pourzand a entrepris sa longue carrière en 1952 au journal « Bakhtar Emroz », et a travaillé pour une série de journaux indépendants avant d'assumer la direction e prendre la tête du centre artistique et culturel de Téhéran. Il a été le commentateur culturel de plusieurs journaux réformateurs après que le réformateur Mohammed Khatami fut devenu président en 1997.

En novembre 2001, Pourzand a été enlevé par des agents de sécurité et détenu au secret. Placé en isolement cellulaire pendant des mois, il a été torturé pour le forcer à des aveux télévisés.

Pourzand a finalement eu un procès et a été condamné en mai 2002 à 11 ans de prison pour « espionnage et atteinte à la sécurité de l'État » et pour ses « liens avec des éléments monarchistes et contre-révolutionnaires ».

Comme son état de santé se dégradait, il a fini par être remis en liberté conditionnelle pour raisons médicales. Pourzand a passé les dernières années de sa vie en résidence surveillée, faisant fréquemment des séjours à l'hôpital et vivant sous la menace constante des interrogateurs du ministère de l'Information. Ayant été témoin oculaire des crimes commis par les autorités dans les prisons d'Iran, il lui était interdit de sortir du pays, précise RSF.

Pourzand avait été fait Membre honoraire du Centre américain du PEN International, de PEN Canada et du Centre norvégien du PEN International.

Le suicide de Pourzand constitue la « preuve accablante du prix en vies humaines que coûtent des années de répression inhumaine » et « une tragédie qui devrait susciter la réflexion et l'action, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'Iran », a déclaré le Centre américain du PEN International.

Un grand nombre de journalistes se trouvent en prison à l'heure actuelle ou se sont vu accorder une « libération conditionnelle » après versement d'une forte caution. Les journalistes dont l'état de santé est mauvais se voient refuser les soins médicaux appropriés.

D'après le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), l'Iran arrive en tête, à égalité avec la Chine, des pires pays du monde pour ce qui est de l'incarcération des journalistes - il y a à l'heure actuelle 34 journalistes en prison dans chacun de ces deux pays - ce qui constitue près de la moitié du total mondial.

RSF invite le Rapporteur spécial sur l'Iran à se rendre dans le pays de toute urgence, conformément à la résolution adoptée le 24 mars par le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies.

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