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Les autorités sont responsables de la mort du dissident Hoda Saber, dit RSF

Les autorités iraniennes sont responsables de la mort du journaliste et dissident emprisonné Hoda Saber, décédé d'une crise cardiaque le 10 juin après avoir fait la grève de la faim, dit Reporters sans frontières (RSF).

Saber, qui était dans la cinquantaine, avait entamé sa grève le 2 juin pour protester contre la mort d'une personnalité de l'opposition, Haleh Sahabi, dans un incident survenu aux obsèques du père de celle-ci, un activiste.

D'après des déclarations publiques de la soeur de Hoda, Saber a subi une crise cardiaque le matin du 10 juin, mais les autorités carcérales ont attendu six heures avant de le transférer de la tristement célèbre prison d'Evin de Téhéran à l'hôpital. Selon RSF, sa famille a appris son décès deux jours plus tard, sur Internet.

« Les autorités qui l'ont arrêté arbitrairement ont omis de lui accorder les soins médicaux appropriés. Nous appuyons la plainte de la famille et nous exigeons que les décès de tous les journalistes et prisonniers politiques survenus en prison en Iran fassent l'objet d'une enquête », dit RSF.

Une révélation troublante nous a appris que 64 prisonniers politiques détenus dans le même quartier de la prison que Saber ont fourni le 13 juin un récit détaillé de la façon dont Saber avait été battu par des agents de l'État tout juste avant son décès et qu'il n'avait subi aucun trouble de santé ni aucune maladie au cours de la dernière année.

D'après les autres détenus, deux heures après avoir été emmené à la clinique de la prison, le 10 juin, Saber a été renvoyé dans sa cellule et a hurlé avoir été passé à tabac au lieu de recevoir des soins, et qu'il allait porter plainte. Quelques heures plus tard, on l'a transféré à l'hôpital Modares, où il a succombé.

« Nous disons fermement que l'actuel establishment [politique] est directement responsable du décès du martyr Saber. Ce triste incident n'est pas le premier de ce genre et, au train où vont les choses, il ne sera pas le dernier non plus », disent les détenus.

Saber a été incarcéré en juillet 2010, avec des centaines d'autres activistes et intellectuels dans le sillage de la réélection mouvementée du Président Mahmoud Ahmadinejad en juin 2009 en Iran. Il avait aussi purgé plusieurs peines de prison depuis 2000.

Haleh Sahabi est décédée le 1er juin au cours d'une confrontation avec les forces de sécurité lors des obsèques de son père, Ezatollah Sahabi. On lui a permis de sortir de prison pour assister à la cérémonie. Il y a des rapports selon lesquels elle a été frappée par les forces de sécurité et est décédée d'une crise cardiaque.

« Nous sommes inquiets, et la communauté internationale devrait s'inquiéter, de la vulnérabilité des centaines de prisonniers politiques en Iran, tous susceptibles de subir la négligence intentionnelle des autorités », dit la Campagne internationale en faveur des droits de la personne en Iran.

Avant le décès de Saber, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) avait documenté des affaires où des journalistes incarcérés ont été punis pour avoir dénoncé des abus en détention.

Prenons le cas du journaliste et blogueur Mehdi Mahmoudian, qui purge une peine de cinq ans de prison à la prison de Rajaee Shah à Karaj pour avoir documenté des violations et le viol de détenus au Centre de détention de Kahrizak, qui n'existe plus. Dans une lettre adressée l'an dernier à l'Ayatollah Ali Khamenei, il relatait par le menu la torture, les abus médicamenteux et les relations sexuelles forcées entre détenus, entre autres dégradations.

Lorsque la lettre a été rendue publique récemment, les autorités carcérales ont placé Mahmoudian en isolement cellulaire pendant dix jours et lui ont interdit toute visite pendant trois mois, rapporte le CPJ.

Infligeant un autre châtiment, les gardiens ont le 2 juin frappé de manière répétée contre un mur la tête du journaliste Massoud Bastani, après que sa famille qui lui rendait visite fut restée une minute de plus que le temps permis, selon ce que rapporte le CPJ. Bastani travaillait pour le journal réformateur « Farhikhteganand » et le site web réformateur d'informations « Jomhoriyat » jusqu'à son arrestation en juillet 2009.

« Ces journalistes ne devraient pas se trouver en prison pour commencer, mais maintenant qu'ils y sont, les autorités ont le devoir d'assurer leur sécurité et leur bien-être », dit le CPJ.

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