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La répression de la dissidence s'étend jusqu'au « dernier retranchement » de la libre expression - la Toile

Une victime de la répression de l’Internet par l’Iran : le développeur web Saeed Malekpour a vu sa condamnation à mort être confirmée ce mois-ci parce qu’il aurait hébergé un contenu en ligne illégal
Une victime de la répression de l’Internet par l’Iran : le développeur web Saeed Malekpour a vu sa condamnation à mort être confirmée ce mois-ci parce qu’il aurait hébergé un contenu en ligne illégal

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Plus tôt ce mois-ci, le développeur web Saeed Malekpour et les professionnels des technologies de l'information Vahid Asghari et Ahmad Reza Hasempour ont vu leurs condamnation à mort être confirmées parce qu'ils auraient hébergé un contenu en ligne illégal, selon ce que rapportent le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et Reporters sans frontières (RSF). Ils sont les plus récentes victimes de la dernière vague d'arrestations et de condamnations par l'Iran - une vague qui s'est amplifiée au point de devenir une répression dirigée contre la dissidence en ligne, juste avant les élections parlementaires du 2 mars.

Selon le CPJ, Asghari, Hasempour et Malekpour sont décrits par les autorités iraniennes comme « Les Trois Égarés » (les « Mozzelin 3 »). « L'Iran dispose d'une politique relativement nouvelle qui consiste à démanteler les réseaux en ligne “destructeurs”, et ces trois personnes semblent avoir été prises dans une rafle dans le cadre de cette vague de répression », dit le CPJ.

D'après le CPJ, on ne sait pas exactement si ces trois personnes étaient impliquées dans un hébergement illégal. La femme de Malekpour, par exemple, Fatima Eftekhari, a déclaré que la participation de son mari s'est limitée à la rédaction d'un script générique de téléchargement qui a ensuite été utilisé par les éditeurs de sites web pour adultes.

« Si cela s'avère, cela signifie qu'en Iran, le fait de mettre son nom sur une source d'utilisation ouverte peut entraîner la détention, le passage à tabac et la torture, puis la peine de mort », dit le CPJ.

La confirmation des sentences survient au moment où l'Iran accentue sa persécution des citoyens sur le net et des journalistes - en fournissant peu ou pas d'explications publiques quant aux motifs des accusations qui sont portées.

Pour ne citer que quelques exemples : Mohammad Solimaninya, chef du site web de réseautage social d'affaires u24 et créateur et hôte de nombreux sites web d'organisations de la société civile, a été arrêté le 20 janvier, rapporte RSF. Des agents en civil du ministère du renseignement ont fouillé son domicile et saisi son ordinateur, des disques durs et des CD. Sa famille ne sait toujours pas pourquoi il a été arrêté ni où il est détenu.

Simien Nematollahi, membre de la minorité religieuse des Derviches Gonabadi et collaboratrice à son site web de nouvelles Majzooban-e-Noor, a été arrêtée le 11 janvier à son domicile de Téhéran par des agents du ministère du renseignement et accusée de faire de la propagande hostile au gouvernement. En septembre, les autorités ont arrêté au moins 30 membres du groupe religieux, dont un certain nombre de journalistes du Majzooban. Six d'entre eux demeurent incarcérés, dit le CPJ.

Un blogueur détenu depuis septembre 2010, Mohammad Reza Pourshajari, a subi un procès devant un tribunal révolutionnaire de Karaj le 21 décembre 2011 pour répondre à l'accusation d'avoir insulté le Prophète - ce qui est passible de la peine de mort - dans des articles affichés sur son blogue et dans des lettres qu'il a envoyées à des officiels du gouvernement pendant son séjour en prison, indique RSF. Sa fille a déclaré que le procès n'avait duré que quinze minutes et qu'il s'était déroulé en l'absence de son avocat.

Aller à CPJ et RSF pour avoir des listes exhaustives des récents incidents.

Selon RSF, depuis la réélection controversée du Président Mahmoud Ahmadinejad, en juin 2009, plus de 100 blogueurs ont été arrêtés et condamnés à des peines variant de un à vingt ans de prison « ce qui constitue une réponse paranoïaque à la “guerre logicielle” menée par les “ennemis de l'Iran” ».

L'Iran est l'un des pays qui ont le pire classement à l'Index de la Liberté de la presse que vient d'inaugurer RSF. En tout, il y a 54 journalistes et citoyens du net qui sont actuellement détenus, indique RSF, ce qui fait de ce pays l'un des pires geôliers des médias dans le monde.

À la fin de l'an dernier, l'Iran a adopté la Loi sur les crimes informatiques, qui regorge de dispositions qui criminalisent la libre expression - et qui prévoit la peine de mort pour les crimes qui attentent à la morale et à la chasteté publiques. Le gouvernement s'est donné en outre toute la latitude pour « affirmer ses propres prérogatives au-dessus des intérêts du public et des impératifs du droit international au chapitre des droits de la personne », dit ARTICLE 19.

Human Rights Watch rapporte par exemple que le 4 janvier, des journaux locaux ont publié la réglementation décrétée par la nouvelle unité de cyberpolice d'Iran, qui donne aux cafés Internet 15 jours pour installer des caméras de sécurité et entreprendre d'accumuler des renseignements personnels, de façon à retracer les clients.

« [La Loi sur les crimes informatiques] démontre la détermination du gouvernement iranien de poursuivre les défenseurs des droits de la personne, les blogueurs et les journalistes au moyen des médias électroniques, dernier refuge de la liberté d'expression et de la dissidence politique dans le pays », déplore ARTICLE 19.

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