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Atena Farghadani: une loi caricaturale

L'artiste Atena Farghadani, précédemment condamnée à 12 ans de prison en Iran pour un dessin, a vu sa peine réduite à 18 mois. Selon son avocat, elle devrait être libérée le 11 mai 2016.

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Tiré de la déclaration de défense d'Atena Farghadani, juin 2015:

Je crois que si quelqu'un choisit l'art comme passion, mais ne critique pas les problèmes de sa société, il s'est trahi lui-même, en plus de trahir sa conscience et sa société.

En 2014, le Parlement iranien a annoncé des programmes pour une nouvelle législation sur le contrôle des naissances qui inverserait les lois relativement libérales existantes en matière de planification familiale, une mesure qui semble avoir été prise pour stimuler la croissance démographique. Ces dernières années, l'Iran a fourni des subventions gouvernementales pour des méthodes de contraception abordables, ainsi que pour la santé sexuelle et les programmes de planification familiale. La nouvelle loi proposée va interdire les vasectomies pour les hommes et la stérilisation volontaire pour les femmes, ainsi que la limitation de l'accès au contrôle des naissances. Les groupes de défense des droits sont inquiets à propos de cette perspective, arguant que cela ramènera l'Iran en arrière de plusieurs décennies, en transformant les femmes en « machines à fabriquer des bébés ». Ils redoutent également une augmentation des avortements clandestins.

La réaction d'Atena Farghadani à cette nouvelle était de faire une caricature représentant les députés qui avaient voté pour cette loi avec des visages d'animal. En août 2014, les Gardiens de la Révolution ont fait une descente à sa maison et l'ont emmenée à la prison de Gharchak où elle a été détenue pendant six semaines avant d'être libérée. Pas du tout intimidée, elle a affiché, en décembre, sur YouTube une vidéo dans laquelle elle disait qu'elle avait été battue par des gardiens de prison et interrogée jusqu'à neuf heures par jour. La vidéo est disponible ici (en langue Farsi seulement). Diplômée des arts de l'Université Alzahra de Téhéran, Farghadani parle de la façon dont elle a été contrainte de continuer à créer en prison, une compulsion qui annihilait ses craintes d'être prise par les gardiens de prison. Elle a raconté comment elle a été prise lorsque des séquences de vidéosurveillance l'ont montrée entrain de collectionner des tasses en papier usées aux toilettes. Elle les avait aplaties pour s'en servir comme des toiles. Elle a fabriqué des colorants à partir de pétales et de feuilles ramassées dans le jardin de la prison, créant ainsi un art unique en papier de tasse. Elle décrit comment les gardiens l'ont attrapée, l'ont fouillée et l'ont battue. À sa libération, elle a adressé une pétition aux autorités demandant que les gardiens soient punis. Comme elle ne recevait aucune réponse, elle a porté l'affaire sur Internet.

En janvier 2015, Farghadani a été dûment envoyée à la prison d'Evin. Trois semaines plus tard, elle a entamé une grève de la faim pour protester contre les conditions dans cette prison. Elle a été hospitalisée après qu'elle aurait fait une crise cardiaque. Le 1er juin, elle a été condamnée à 12 ans et neuf mois de prison dans un procès expéditif qui n'a duré qu'une demi-heure.

Farghadani a également été accusée de « se réunir et d'être de mèche avec des antirévolutionnaires et des sectes déviantes » pour son exposition Parandegan-e Khak (Oiseaux de la terre) en vue de commémorer les morts de la répression post-électorale de 2009. L'exposition avait reçu la visite des familles des prisonniers politiques et des membres de la communauté Baha'i.

En juin 2015, dans un développement choquant, d'autres accusations ont été portées contre Farghadani et son avocat. Ils sont accusés de « relations sexuelles illégitimes sans adultère » et de « comportement indécent » dans ce qu'Amnesty International, qui considère Farghadani comme une Prisonnière d'opinion, a qualifié d'être « elle-même une grossière caricature de justice ». Lors d'une visite en prison ce mois-là, l'avocat Mohammed Moghimi avait serré la main de sa cliente, chose pour laquelle il a été arrêté puis relâché après avoir payé une caution de $USD 60 000.

Une campagne internationale a été lancée par des organisations dont le Cartoonists Rights Network, avec un appel ouvert aux artistes du monde entier pour qu'ils créent leurs propres images en réponse à la situation difficile Farghadani et de les publier sur Twitter sous le hashtag #draw4atena. Les journaux, y compris The Guardian et le Washington Post, publient également ces images sur leurs sites Web.

Le 25 avril 2016, une cour d'appel a réduit la peine de Farghadani de 12 ans de prison à 18 mois. Elle a été acquittée des accusations d'atteinte à la sécurité nationale et sa peine d'emprisonnement de trois ans pour insulte au Chef suprême a été suspendue pour quatre ans.

Dernière mise à jour: 3 septembre 2015

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