RÉGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

PROFIL

Nasrin Sotoudeh, une courageuse défenseure des droits humains en Iran

Ouverte et n'ayant peur de rien, Nasrin Sotoudeh est l'un des défenseurs des droits humains les plus connus en Iran. Interdite de pratiquer le droit en octobre 2013, Nasrin a fait tous les jours un piquet devant le Barreau iranien. Elle a dit qu'elle va continuer cette action jusqu'à ce que l'interdiction soit levée.

FIDH/ Flickr

Dans une lettre qu'elle a écrite, en 2010 de sa prison, à sa fille, Nasrin Sotoudeh a dit :

« La Justice arrive exactement à un moment où on perd tout espoir. Elle arrive quand nous l'attendons le moins. J'en suis certaine ».

Au fil des ans, Sotoudeh a défendu une variété de militants, y compris des étudiants, des journalistes et des dissidents. Elle a également travaillé pour le compte des enfants prisonniers condamnés pour meurtre et qui risquent l'exécution. Parmi ses clients les plus célèbres, il y a Shirin Ebadi, un lauréat du Prix Nobel de la Paix qui vit maintenant en exil.

En janvier 2011, Sotoudeh était condamnée à onze ans de prison: un an pour « propagande contre le régime » et dix ans pour « actes contre la sécurité nationale » et « Violation du code vestimentaire islamique (Hija) dans un discours filmé ». Elle a été accusée d'avoir donné des interviews aux médias internationaux à la suite de manifestations contre l'élection présidentielle contestée en juin 2009. Elle a également été interdite de pratiquer le droit et de quitter le pays pendant 20 ans. La peine ainsi que l'interdiction d'exercer son métier d'avocat ont, par la suite, été réduites en appel à six ans.

Sotoudeh avait été arrêtée quatre mois plus tôt, en septembre 2010, après une descente de la police à son domicile. Elle avait été conduite à la tristement célèbre prison d'Evin à Téhéran. Tout contact son avocat, son mari et ses enfants était strictement limité. Elle a passé trois mois en isolement total. Selon Amnistie Internationale, elle n'avait même pas droit à des photos de sa famille. Quand elle a appris que sa fille de 12 ans avait été interdite de voyager à l'étranger, Sotoudeh a entamé une grève de la faim pour exiger son droit de rencontrer sa famille et pour mettre fin à leur harcèlement. Alors qu'elle était en prison, elle a encore fait une grève de la faim à quatre reprises.

En septembre 2013, trois ans après sa condamnation, elle a été curieusement libérée. Quelque temps après, elle a repris son activisme pour lequel elle a été harcelée et même brièvement détenue à plusieurs reprises depuis. En octobre 2014, elle faisait partie d'un groupe de personnes, arrêtées lors d'une manifestation devant le ministère de l'Intérieur à Téhéran, qui protestait contre une série d'attaques à l'acide sur les femmes à Isfahan. Ces femmes ont été défigurées et rendues aveugles par leurs assaillants.

Un mois après sa libération, le Barreau iranien a émis une interdiction contre elle d'exercer son métier d'avocat pendant trois ans. Le Barreau a nié avoir subi des pressions du gouvernement pour prendre cette décision d'interdiction qu'il justifie, pour sa part, par la condamnation de 2010. Irritée, Sotoudeh a commencé une campagne de piquet devant le bureau du Barreau. Depuis, chaque jour ouvrable de la semaine, elle se tenait débout sur les marches dudit bureau de 9h30 à midi, portant des pancartes indiquant « droit au travail » et « droits des dissidents ». D'autres militants politiques et partisans l'ont rejoint, en dépit du harcèlement dont ils ont fait l'objet. Des journalistes qui observaient ses piquets ont noté que le public la soutenait, en faisant des signes de victoire à travers les vitres de leurs voitures et en lui apportant des bouteilles d'eau.

Sotoudeh a terminé ses études de droit en 1995. Ne pouvant pas être en mesure de pratiquer son métier jusqu'en 2003, elle a embrassé, dans l'intervalle, le journalisme en écrivant sur les droits des femmes et des enfants et en contribuant à de nombreuses publications réformistes. Elle continue à écrire. En avril 2011, elle a reçu du Centre Pen Amérique le Prix PEN / Barbara Goldsmith pour la liberté d'écrire. Comme Sotoudeh était incapable d'accepter en personne son prix parce qu'elle était encore en prison, c'est Shirin Ebadi qui a reçu le prix en son nom. En octobre 2012, Sotoudeh a recu, conjointement avec le cinéaste Jafar Panahi, le Prix Sakharov du Parlement européen. Panahi avait défié une interdiction de 20 ans de réaliser des films. Son film de renommée internationale Taxi, sorti en 2015, est entièrement tourné dans les taxis de Téhéran où les passagers discutent de la politique devant la caméra. Nasrin Sotoudeh est l'un d'entre eux.

Dernière mise à jour: 15 septembre 2015

Les autres visages de la liberté d'expression

Dernier Tweet :

Planning for the future of media development in #Burma - IFEX https://t.co/XNt1H78WlP | @MizzimaNews @sm_mizzima https://t.co/fW7fTG0JYR