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QUATRE MEMBRES D'UNE ÉQUIPE DE TÉLÉVISION SONT ENLEVÉS ET ASSASSINÉS À MOSSOUL

Il y a en ce moment en Irak une émission populaire de téléréalité qui ne diffuse que pendant le mois du Ramadan, lorsque les musulmans pratiquants jeûnent de l'aube au crépuscule. À l'émission « C'est l'heure de manger », une équipe de la télévision surprend chaque soir une famille pauvre d'Irak en lui présentant de la nourriture et des articles de ménage lorsqu'elle interrompt (iftar) le jeûne durant le mois du Ramadan.

Le 13 septembre, pendant qu'une animatrice de la chaîne de télévision « Al-Sharqiya » et quelques membres de son équipe attendaient dans la maison de la famille en vedette ce soir-là, d'autres membres de l'équipe, qui s'occupaient de l'équipement technique, ont été enlevés, selon ce que rapportent le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), Reporters sans frontières (RSF) et la Fédération internationale des journalistes (FIJ). Quelques heures plus tard, trois jeunes journalistes et leur chauffeur étaient retrouvés morts, atteints de projectiles à la tête et à la poitrine et jetés aux limites de la ville de Mossoul, deuxième ville du pays après Bagdad pour le nombre des morts.

Le CPJ rapporte que la police de Mossoul a procédé à l'arrestation d'au moins deux suspects - une démarche bien accueillie, dit le CPJ, si on tient compte que l'Irak est le pays le plus meurtrier du monde pour la presse et que personne n'a jamais été trouvé coupable du meurtre d'un journaliste.

« Al-Sharqiya », qui est une station indépendante en ondes depuis 2004, a identifié les victimes comme étant le correspondant principal Musab al-Ezaoui, les cameramen Ahmed Salim et Ihab Mu'd, ainsi que le chauffeur Qaydar Sulaiman. D'après les dépêches, la programmation normale a été annulée et remplacée par le plus récent épisode de « C'est l'heure de manger », tandis qu'apparaissait une bande noire dans le coin gauche de l'écran, en mémoire des employés assassinés.

« Nous ne laisserons pas des groupes armés faire ce qui leur plaît », a déclaré à RSF le ministre irakien de l'Intérieur Jaouad al-Bolani, qui a promis de mettre sur pied des initiatives conjointes avec des organisations nationales pour protéger les journalistes. Le premier ministre a demandé l'ouverture d'une enquête policière le lendemain de la découverte des cadavres.

Ce n'est pas la première fois que des membres du personnel de la station sont assassinés - selon « Al-Sharqiya », douze employés ont été tués depuis 2004.

L'assassinat de l'équipe de la télévision est survenu au coeur d'une vague de violence dans le nord de l'Irak, tandis que 20 personnes environ ont été tuées rien que le 13 septembre, dit RSF, dans des attentats à la bombe. D'après le CPJ, au moins 135 journalistes ont été tués en Irak depuis le début de l'invasion du pays par les États-Unis, en mars 2003.

Consulter les sites suivants :
- CPJ : http://tinyurl.com/5wy3go
- RSF : http://www.rsf.org/article.php3?id_article=28565
- Fédération internationale des journalistes : http://tinyurl.com/6e67sk
- « Los Angeles Times » : http://tinyurl.com/4a3jtg
(17 septembre 2008)

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