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Des journalistes organisent une manifestation de protestation contre les restrictions imposées à la libre expression

Les Irakiens unis dans les rues de Bagdad le 14 août pour protester contre les restrictions du gouvernement à la libre expression
Les Irakiens unis dans les rues de Bagdad le 14 août pour protester contre les restrictions du gouvernement à la libre expression

Journalistic Freedoms Observatory

Dans un geste sans précédent, des centaines de journalistes, d'universitaires, de défenseurs des droits et de parlementaires sont descendus la semaine dernière dans les rues de Bagdad, en Irak, pour protester contre les mesures que le gouvernement a prises pour étouffer la libre expression, disent Reporters sans frontières (RSF) et le Journalistic Freedom Observatory (JFO), qui organisait la manifestation.

Les gens se sont rassemblés dans la rue Mutanabi du vieux Bagdad pour s'opposer à l'avant-projet de loi qui resserre les restrictions imposées à la pratique du journalisme de la presse écrite et en ligne. D'après les dépêches, les manifestants portaient des affiches disant « Ne tuez pas la vérité », et scandaient des slogans comme « Oui, oui à la liberté. Non, non au silence des journalistes. »

Le gouvernement cherche à censurer les livres et les publications, bloque les sites web qu'il considère comme offensants et adopte une nouvelle loi sur les médias qui aurait pour effet d'étouffer les journalistes pour mieux les protéger. Ces mesures soulèvent la crainte que s'abatte une répression de la libre parole qui rappelle le régime de l'ancien dirigeant Saddam Hussein, rapporte le site web de nouvelles Al-Arabiya.

« Bloquer des sites web et censurer les livres, c'est une nouvelle dictature », a déclaré à Al-Arabiya Muhammad al-Rubaie, militant des droits de la personne. La proposition de loi, déposée devant le parlement le mois dernier, définit ce que le gouvernement considère comme des pratiques journalistiques « morales » et saines, dit l'Institut international de la presse (IIP).

La formulation vague de la loi interdit par exemple aux journalistes de « compromettre la sécurité et la stabilité du pays » - ce qui, selon l'IIP, peut servir à étouffer la critique. La protection des sources serait garantie, à moins que « la loi requière que la source soit divulguée ».

« En d'autres mots, dit l'IIP, les sources ne jouissent d'aucune protection garantie. »

Le projet de loi dispose en outre que la liberté de la presse peut être suspendue si une publication menace les citoyens ou fait des « déclarations provocatrices ou agressives ».

« Tandis que nous accueillons les aspects positifs de ce projet de loi, nous invitons le parlement irakien à retirer les articles susceptibles d'entraver la liberté des médias dans le pays », dit l'IIP.

Les manifestants ont dit craindre que la loi ne les laisse vulnérables à l'ingérence gouvernementale dans l'exercice de leur profession, et qu'elle est le signe que les années de libre expression pourraient tirer à leur fin.

Les manifestants ont aussi défilé pour exprimer leur solidarité avec Ahmed Abd al-Hussein, journaliste au journal « Al-Sabah », propriété d'État, qui a été récemment la cible de menaces de mort de la part du Conseil islamique suprême d'Irak, un parti politique chiite.

Al-Hussein avait publié un article dans lequel il blâmait ce parti, à qui il attribuait la responsabilité de l'important braquage d'une banque survenu en juillet, au cours duquel une somme de 7 millions de dollars US a été volée et huit personnes ont été tuées. Il se trouve que certains des dirigeants de la manifestation étaient des rivaux politiques du groupe chiite.

Selon des sources du « New York Times », un grand nombre de journalistes irakiens ont été réduits à l'état d'outils dans la lutte politique. « Il y avait de très nombreux signes de cette situation lors de la manifestation elle-même, qui semblait avoir autant à voir avec un accrochage récent au sujet d'un vol de banque qu'avec la liberté de la presse », indiquait le journal.

D'après Al-Arabiya, depuis l'invasion de 2003 dirigée par les États-Unis, les Irakiens ont vu les médias proliférer - ils ont maintenant le choix entre 200 médias imprimés, 60 stations de radio et 30 chaînes de télévision. Pourtant, la plupart des médias restent dominés par les clivages sectaires et les instances des partis qui les utilisent pour leurs propres fins.

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