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Des médias dans la ligne de mire d'Al-Qaida et d'autres groupes terroristes

(RSF/IFEX) - Le 2 décembre 2010 - Reporters sans frontières et le JFO (Journalistic Freedoms Observatory), son organisation partenaire en Irak, condamnent avec la plus grande fermeté les menaces d'attentats visant des médias, proférées par Al-Qaida, qui ont été révélées par le ministère irakien de l'Intérieur, le 30 novembre dernier.

Une source du ministère de l'Intérieur - qui a souhaité garder l'anonymat - a déclaré, le 30 novembre 2010, qu'Al-Qaida projetait de mener une campagne d'attentats à la voiture piégée contre des ministères, des institutions (universités, instituts) et des médias, parmi lesquels les chaînes Al-Iraqiya, Al-Farat, Al-Soumariya, et le journal Al-Sabah.

Cette information fait suite aux aveux faits par douze membres d'Al-Qaida arrêtés le 27 novembre dernier dans le quartier Mansour de Bagdad. Les personnes arrêtées ont reconnu être à l'origine de nombreux attentats, parmi lesquels l'attaque de l'église Sayidat al-Najat de Bagdad le 31 octobre dernier.

Le ministère de l'Intérieur a annoncé la constitution d'un Comité de protection en charge d'assurer la sécurité de l'ensemble de ces institutions, présidé par le ministre de l'Intérieur, Jawad Al-Bolani.

Reporters sans frontières et le JFO appellent avec la plus grande fermeté les dirigeants d'Al-Qaida et leurs alliés présents en Irak à faire cesser immédiatement tout projet d'attentats visant des institutions publiques et médiatiques, et à renoncer à prendre pour cibles les civils, parmi lesquels des journalistes.

Les deux organisations rappellent que dans une fatwa de quelque six cents pages, Muhammad Tahir-ul-Qadri, érudit pakistanais, n'avait pas hésité, en mars 2010, à présenter les auteurs et les commanditaires des attentats comme des ennemis de l'islam. Il "n'y a pas de place pour le martyr dans l'islam", avait-t-il affirmé.

Les kamikazes "ne peuvent pas prétendre que leurs suicides sont des actes commis par des martyrs qui deviendront des héros de l'oumma [la communauté musulmane], non, ils deviendront des héros du feu de l'enfer", avait déclaré le Dr Tahir-ul-Qadri. "(. . .) leurs actes ne seront jamais, jamais, considérés comme le djihad ['guerre sainte']".

Les professionnels des médias sont amenés à couvrir au plus près les événements officiels. Cela ne signifie pas pour autant tel homme politique ou telle personnalité. Ils peuvent être victimes d'attentats qui, en visant des édifices publics ou des rassemblements, cherchent à tuer le plus grand nombre de civils innocents. Ce n'est plus acceptable.

Reporters sans frontières et le JFO condamnent également la tentative d'assassinat qui a visé le célèbre présentateur de télévision Nahed Najeeb, le 27 novembre dernier, à Kirkouk (200 km au nord de Bagdad). Des individus armés ont ouvert le feu sur le domicile du journaliste vers 10 heures (heure locale). Le journaliste, d'origine turkmène, n'a pas été blessé. L'identité et les mobiles des agresseurs restent inconnus. Toutefois, d'après les premiers éléments de l'enquête, il se pourrait que cette tentative d'assassinat soit liée à des conflits nationalistes dans la ville de Kirkouk.

Célèbre présentateur radio puis de télévision du temps de Saddam Hussein, Nahed Najeeb travaille à Kirkouk depuis 2003. Après avoir collaboré avec la chaîne turkmène Turkmen Illi, il a été contraint de démissionner. Il travaille aujourd'hui pour la chaîne satellitaire Al-Sharqiya (dont les sièges sont à Dubaï et à Amman) en tant que directeur de l'information.

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