RÉGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

Multiplications des exactions contre les journalistes présents lors des manifestations, un disparu au Kurdistan irakien

(RSF/IFEX) - Le 1er avril 2011, des journalistes couvrant le rassemblement organisé sur la place de la Liberté (Saray Azadi) à Suleimanieh ont été agressés par les forces de l'ordre. Reporters sans frontières est - depuis - sans nouvelles du responsable des caméramen de la chaîne Naliya (NRT), Dana Bakir.

Le directeur général de la chaîne, Twana Othman, dénonce l'enlèvement de son journaliste. D'après les dernières informations en sa possession, son caméraman serait arrêté et actuellement en prison. "J'ai demandé à pouvoir lui rendre visite, mais mes demandes ont été rejetées. D'autres m'ont dit qu'il était à Kani Goma, une prison à Suleimanieh", a-t-il déclaré à Reporters sans frontières.

La police de Suleimanieh a quant à elle nié avoir arrêté le journaliste.

Interrogée par Reporters sans frontières au sujet de la violence perpétrée à l'encontre des professionnels de l'information, Jiyar Omer, journaliste à "Lvin Magazine", témoigne : "J'étais sur place, prenant des photos d'agents des forces de l'ordre, police et Asayesh (service de renseignements), en train d'attaquer des manifestants. Malgré leurs mises en garde, je ne me suis pas cachée. À aucun moment je pensais que les forces de sécurité s'en prendraient à moi, et ce jusqu'à ce qu'ils tentent de m'arrêter. Les manifestants sont venus à ma rescousse. Plus tard, lorsque j'ai voulu prendre en photos les forces de l'ordre tirant sur la foule, ils m'ont frappée au ventre et dans le dos avec la crosse de leur kalachnikovs".

Les manifestations se sont poursuivies le lendemain à Suleimanieh. Des journalistes ont été la cible d'agressions par les forces de l'ordre. Goran Othman, qui travaille pour le journal "Komal", déclare avoir été frappé, tout comme Hakar Muhammad. Mohamed Jamal, qui travaille également pour cet hebdomadaire du Groupe islamique Kurdistan, a également été agressé, et sa caméra confisquée. Le photographe freelance Zmnako Ismaïl a quant à lui été interpellé. Par ailleurs, le domicile du rédacteur en chef de http://www.judinews.com , Shirwan Muhammad Amin, a été cambriolé. Son ordinateur et sa caméra ont disparu. Son site a fait l'objet d'attaques.

Le 31 mars, les journalistes qui couvraient une manifestation d'étudiants devant la Direction générale de l'Eductation à Erbil, ont été agressés par des membres du Asayesh habillés en civil. Mariwan Mala Hassan, reporter, et Ahmed Younus, caméraman du Kurdistan News Network TV, ont été blessés et leur matériel cassé, sous les yeux des forces de police.

En outre, Halgurd Ahmed, rédacteur en chef du magazine culturel "Zinar" et membre du Parti démocratique du Kurdistan, a été grièvement blessé par des individus armés, au cours de la soirée du 28 mars, dans le district de Raniya (100km au sud-est de Suleimanieh). "Ils étaient parfaitement préparés. La nuit précédant mon agression, ils avaient coupé la lampe qui éclaire l'entrée de ma maison. La nuit suivante, ils ont fermé la porte derrière moi, et ont ouvert le feu. J'ai été touché par quatre balles", a confié à Reporters sans frontières le journaliste, connu pour entretenir de bonnes relations avec l'ensemble des forces de l'échiquier politique de la région. "Les représentants de toutes les formations politiques sont venus me rendre visite. Tous étaient choqués. Je ne sais pas qui a fait ça, je ne veux mettre en cause personne."

Halgurd Ahmed a indiqué avoir porté plainte. Les Asayesh et la police ont ouvert une enquête.

Dernier Tweet :

South African Niren Tolsi points out: "For news to spread it needs the flames of our indignation and our vulnerabil… https://t.co/rs4YGNS0PN