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La communauté internationale doit faire pression sur les autorités pour qu'elles mettent fin aux exactions contre les manifestants et les journalistes au Kurdistan

(RSF/IFEX) - A la veille de la célébration du 113e anniversaire de la création du premier média kurde, Reporters sans frontières se dit profondément choquée par la multiplication des arrestations arbitraires dans cette région. La situation de liberté de la presse et la sécurité des journalistes, qui apparaissaient meilleures au Kurdistan irakien pendant des années noires de la guerre en Irak, en comparaison avec ses voisins immédiats, se sont considérablement dégradées au cours des deux derniers mois. L'organisation exhorte la communauté internationale à faire pression sur les autorités du KRG afin que cessent les exactions quotidiennes contre les manifestants et les journalistes.

Une série d'incidents est venue encore renforcer les inquiétudes de l'organisation. Les locaux de la chaîne satellitaire du Groupe islamique, Payam Satellite TV, à Suleimanieh sont encerclés par les forces de sécurité de l'Union patriotique du Kurdistan (UPK) depuis le 19 avril. Son directeur, Farouq Ali, a déclaré, lors d'une conférence de presse, que des hommes armés auraient formé un cordon de sécurité autour de l'immeuble qui loge les bureaux de la chaîne, à une distance de 300 mètres. Farouq Ali a ajouté qu'"un groupe de citoyens et de militants de la société civile ont décidé de venir autour des bureaux de la chaîne afin de former une sorte de bouclier humain pour éviter que la situation ne dégénère", exprimant sa crainte que n'ait lieu une attaque similaire à celle subie par la chaîne Naliya NRT en février dernier, en raison de sa couverture en direct des manifestations sanglantes dans la ville.

De nombreux journalistes ont été agressés et interpellés au cours des derniers jours

Le 20 avril 2011, Jabar Aziz, correspondant du journal "Hawlati" à Raniya, a déclaré à Reporters sans frontières : "Alors que je voulais prendre une photo d'hommes en armes à Raniya présents partout dans le marché, ils ont ouvert le feu dans ma direction. J'ai eu de la chance, j'ai réussi à m'échapper". Kaywan Hawrami, reporter pour le site http://www.Lvinpress.com , a été interpellé par les forces de sécurité dans le district d'Hallabja.

La veille, Rebin Hardi, intellectuel et éditorialiste influent, a été interpellé à Suleimanieh par les forces de sécurité alors qu'il se rendait à un sit-in organisé devant le tribunal de la ville pour dénoncer les exactions commises par les forces de l'ordre à l'encontre les manifestants. Emmené de force en bus, dans un endroit inconnu, il a reçu de violents coups au visage, aux mains et aux jambes.

Hiwa Jamal et Sirwan Rashid, rédacteurs de l'hebdomadaire "Rojnama", ont été arrêtés par des forces de sécurité également le 19 avril et ont passé la nuit dans une prison militaire. Bestun Muhammad, reporter pour http://www.Sbeiy.com , Hunar Jamal, reporter pour KNN, Mohammad Satar de Lvinpress.com, Soran Ahmed de "Hawlati" et Kawa Garmiyani d'"Awene" ont été arrêtés et frappés. Kawa Garmiyani a eu la jambe cassée. Sardasht Othman d'"Awene" a également été arrêté. Les forces de sécurité ont également tenté d'arrêter Soran Omer, journaliste indépendant, à son domicile, mais il n'était chez lui.

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Joint statement from 10 international NGOs calling for judicial harassment of Singaporean activist Jolovan Wham to… https://t.co/O1G6tdxoDw