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Nouvelle vague d'exactions et d'intimidations à l'encontre des journalistes

(RSF/IFEX) - Le 29 octobre 2011 - Reporters sans frontières condamne fermement l'acharnement des autorités irakiennes contre la seule station de radio indépendante de la province d'Al-Qadisiya (au sud de Bagdad), radio Al-Sada.

Ahmed Al-Qasier, directeur et fondateur de la chaîne, a récemment informé l'organisation de graves pressions dont est victime sa radio. Le 25 octobre 2011, le conseil de la province a décidé de fermer Al-Sada, et d'interdire la diffusion de ses programmes sous prétexte d'une "programmation musicale contraire aux moeurs locales", alors qu'elle est composée de chansons du répertoire classique arabe, d'après son directeur.

Alors qu'Al-Sada s'apprêtait à commencer ses activités au début de l'année 2011 depuis Diwaniyya, la capitale de la province, le gouverneur est intervenu afin d'interdire le lancement de la radio. Après une série de négociations entre la rédaction et les autorités, la radio a finalement été lancée en mai dernier. Toutefois, le conseil de la province a rapidement exigé de la radio qu'elle paie la somme de 50 000 000 dinars irakiens (28 700 euros), renouvelable chaque année, afin de poursuivre sa diffusion. Cette "taxe d'enregistrement" a été levée grâce à l'intervention du Comité des télécommunications, a expliqué Ahmed Al-Qasier.

Toutefois, Al-Sada a continué à être la cible d'intimidations et de pressions. Pendant le mois d'octobre 2011, plusieurs collaborateurs de la radio ont reçu sur leurs portables des messages anonymes de menaces. Plusieurs membres de la rédaction, dont Muntather Al-Kifaey, le directeur de programmes, ont préféré démissionner.

Le 27 octobre 2011, la branche locale du Syndicat des journalistes irakiens a exigé des autorités locales qu'elles reviennent sur la fermeture de la radio, une décision qui - selon le syndicat - viole la liberté de la presse garantie par la Constitution. Son représentant a souligné qu'il s'agissait d'une décision sans précédent dans la justice irakienne et a averti des dangers qu'elle pourrait faire encourir au secteur des médias.

Reporters sans frontières exhorte les autorités de la ville de Diwaniyya à mettre un terme au harcèlement à l'encontre des professionnels de la radio Al-Sada. L'organisation rappelle que la liberté de la presse est garantie par la Constitution irakienne et a été réaffirmée par loi sur la protection des journalistes, adoptée en août dernier, par le parlement. Elle demande également au gouverneur de Diwaniyya de revenir sur sa décision et de permettre à la radio de poursuivre sa diffusion ainsi que de garantir la sécurité de ses collaborateurs.

Par ailleurs, le journaliste freelance américain, Daniel Smith, a été arrêté le vendredi 21 octobre, vers 12 heures (heure locale) à l'issue de la manifestation hebdomadaire sur la place Tahrir, à Bagdad. Il n'a été libéré que le 26 octobre à 1 heure du matin.

Le journaliste a été détenu incommunicado, sans pouvoir contacter un proche ou la représentation diplomatique américaine à Bagdad, et sans que les autorités irakiennes prennent contact avec l'ambassade américaine en Irak.

Conduit au centre de détention situé à proximité de l'aéroport Al-Muthana en début d'après-midi le 21 octobre, il a été questionné à plusieurs reprises, notamment sur sa présence aux manifestations. Le 25 octobre au matin, il a été transféré dans un bâtiment du ministère de l'Intérieur, où la décision de l'expulser du pays a été prise. Il a été remis en liberté quelques heures plus tard, sur intervention du Premier ministre.

Daniel Smith travaille en Irak depuis 2003. Il a collaboré avec l'organisation International Crisis Group (ICG) depuis 2008 et contribue de manière occasionnelle aux travaux de l'organisation irakienne de défense de la liberté de la presse Journalistic Freedoms Observatory.

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