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Le calvaire des journalistes irakiens sous l'Etat islamique

Un combattant de l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL) tient un drapeau d’EIIL et une arme sur une rue à Mossoul, le 23 juin 2014
Un combattant de l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL) tient un drapeau d’EIIL et une arme sur une rue à Mossoul, le 23 juin 2014

REUTERS/Stringer

Reporters sans frontières est vivement préoccupée par le sort réservé au journaliste irakien Raad Mohamed Al-Azaoui, enlevé le 7 septembre 2014 et menacé de décapitation par l'Etat islamique. Depuis l'offensive lancée par ISIS en juin dernier en Irak, les journalistes doivent, plus que jamais, faire face au vide juridique et sécuritaire qui sévit dans le pays.

“L'État islamique, depuis son avènement, a instauré une politique de la terreur à l'encontre des journalistes, déclare Virginie Dangles, adjointe à la direction de la Recherche de Reporters sans frontières. En mettant en place une véritable machine à enlèvements et exécutions des professionnels de l'information, l'organisation terroriste tente d'éliminer tous ceux qui refusent de lui prêter allégeance”.

Cameraman pour la chaîne Sama Salah Aldeen TV, Raad Mohamed Al-Azaoui a été enlevé le 7 septembre 2014 par des membres de l'État islamique en compagnie d'une vingtaine de ressortissants irakiens, dans le village de Samara (province de Salaheddine, nord de Bagdad). L'organisation djihadiste a déjà annoncé son intention de mettre sa menace à exécution, le journaliste ayant refusé de travailler pour le compte de l'Etat islamique.

Trois semaines plus tôt, le 15 août, le journaliste Ahmed Khaled Al-Dlimi - connu sous le nom de Bassem Ahmed Al Watani - avait déjà été enlevé dans la province de Tikrit par des membres de l'organisation djihadiste. Son sort demeure inconnu à ce jour.

L'ONG irakienne de défense des droits des journalistes, Metro Center, basée à Suleimanieh (Kurdistan irakien) a fait part de sa vive inquiétude suite à enlèvement, le 13 août dernier, du journaliste Tarek Salah Shankali. Certaines informations contradictoires provenant des proches de cet activiste yézidi affirment qu'il aurait été tué peu de temps après son enlèvement, d'autres au contraire prétendent qu'il est toujours détenu par l'État islamique.

L'Observatoire irakien de la liberté de la presse (JFO) - organisation partenaire de Reporters sans frontières en Irak - confirme l'information selon laquelle neuf journalistes ont été nominalement et publiquement menacés par l'État islamique dans les provinces de Mossoul et Salaheddine. L'organisation djihadiste les somme de cesser leur activité professionnelle et de rejoindre ses rangs, sous peine d'être exécutés. Par ailleurs, circulent des rumeurs selon lesquelles l'État islamique saisirait des fichiers numériques comprenant des informations personnelles sur les journalistes dans les provinces de Mossoul et de Salaheddine.

Le 1er septembre, le domicile du correspondant de la chaîne Al-Hurra TV Maitham Al-Chibani dans la ville d'Al-Diwaniya (sud de Bagdad) a été pris pour cible par des inconnus armés. Cette attaque a occasionné de nombreux dégâts matériels sans toutefois faire de blessés. L'Unesco, par le biais de son directeur en Irak, Axel Balat, a réagi en tirant la sonnette d'alarme au sujet des exactions dont sont victimes les journalistes irakiens. Il a rappelé la nécessité de tout mettre en œuvre pour assurer leur sécurité.

Les médias paient également le prix fort du climat de chaos qui règne en Irak. Le 23 août dernier, les locaux de la chaîne Al-Fayhaa TV, situés dans la province de Bassorah (600 km au sud de Bagdad) ont fait l'objet d'une attaque à la grenade sonore par un groupe armé inconnu, sans faire de victimes.

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