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JOHNSTON EST LIBÉRÉ À GAZA, MAIS UN CAMERAMAN EST ABATTU ET UN DÉNONCIATEUR EST CONDAMNÉ

Les organisations de défense de la liberté de la presse ont célébré le retour du correspondant de la BBC, le journaliste Alan Johnston, libéré la semaine dernière après avoir été retenu pendant 114 jours otage d'un gang criminel à Gaza. Aussi la semaine dernière, toutefois, les troupes israéliennes situées en territoire palestinien ont tiré sur un caméraman d'une station de télévision dirigée par le Hamas, et qui a dû être amputé des deux jambes. Un tribunal israélien à condamné le dénonciateur nucléaire Mordechai Vanunu, qui a purgé toute sa peine de 18 ans de prison en 2004, à une nouvelle peine de six mois de prison pour avoir parlé à des journalistes étrangers.

Reporters sans frontières (RSF) a mené une grande campagne internationale pour obtenir la libération de Johnston. Des rassemblements partout dans le monde ont exigé sa remise en liberté, et quelque 200 000 personnes ont signé une pétition en ligne, rappelle la BBC. Johnston a été libéré aux petites heures le matin du 4 juillet, après que de hauts responsables musulmans furent intervenus et que des négociations eurent été entamées entre le Hamas et ses ravisseurs.

Les médias palestiniens et la société civile palestinienne ont fait campagne sans relâche en faveur de Johnston, déclare ARTICLE 19. Les journalistes palestiniens ont fait pression auprès de l'Autorité palestinienne, défilant devant le Conseil législatif avec des pancartes, le bâillon sur la bouche. Selon la Fédération internationale des journalistes (FIJ), une campagne « sans précédent » des syndicats de journalistes du monde entier a symbolisé la lutte pour libérer tous les journalistes enlevés et retenus en otages.

Le Centre palestinien pour le développement et la liberté des médias (Mada) a remercié tous ceux qui ont contribué à sa libération, et a déclaré qu'il fallait traduire en justice les ravisseurs de Johnston et d'autres journalistes étrangers. Le Centre palestinien pour les droits de la personne (Palestinian Centre for Human Rights, PCHR) a dit de l'enlèvement qu'il « entachait gravement l'image de marque du peuple palestinien ».

Le lendemain de la libération de Johnston, les forces israéliennes tiraient sur un caméraman palestinien à Gaza, qui a dû subir l'amputation des deux jambes. Imad Ghanem, de la chaîne par satellite « Al-Aqsa », affiliée au Hamas, filmait des secouristes en train de s'occuper de blessés dans un camp de réfugiés du centre de Gaza lorsque des chars israéliens ont commencé à tirer, selon Sameer al-Bouji, de l'agence de nouvelles Pal-Media, qui a filmé l'incident.

Ghanem, 21 ans, a été touché à la jambe et est tombé au sol, rapporte le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Une séquence diffusée sur Al-Jazeera montre le caméraman qui se fait tirer encore deux fois dans les jambes tandis qu'il est étendu sur le sol, son appareil à côté de lui.

Al-Bouji a déclaré au CPJ que des soldats israéliens avaient tiré sur lui, photographe de l'AFP, et sur un caméraman de l'agence de nouvelles turque Ihlas lorsqu'ils ont voulu transporter Ghanem en lieu sûr. L'agence Reuters indique que les forces israéliennes ont aussi tiré sur son équipe de cameramen et sur d'autres journalistes qui couvraient les affrontements depuis le toit d'une maison au centre de Gaza, mais que personne n'avait été blessé.

Selon une source militaire israélienne citée par les sources de nouvelles internationales, dont Reuters, Israël ne reconnaît pas comme journalistes les cameramen de la chaîne affiliée au Hamas. L'armée israélienne nie qu'elle cible délibérément les journalistes.

La Fédération internationale des journalistes (FIJ) a condamné les représentants des Forces de défense israéliennes qui ont justifié l'attaque en affirmant que Ghanem n'était pas un reporter en règle, et que les séquences qu'il filmait aurait probablement servi à la propagande du Hamas, et pas à des nouvelles. « Voici un exemple brutal et haineux de l'intention délibérée de tirer sur un journaliste », a déclaré le secrétaire général de la FIJ, Aidan White. « Cet homme transportait une caméra, par un fusil. »

Par ailleurs, le 2 juillet, Amnistie Internationale et la FIJ ont condamné la décision d'un tribunal israélien d'incarcérer le dénonciateur nucléaire Mordechai Vanunu pour avoir refusé de se plier aux restrictions imposées à sa liberté de parole et de mouvement. Libéré en 2004 après avoir purgé la totalité de sa peine de 18 ans de prison pour avoir confirmé au « Sunday Times » de Grande-Bretagne l'existence de l'arsenal nucléaire israélien, Vanunu s'est vu interdire de quitter Israël et de parler à des étrangers, au motif qu'il pourrait toujours détenir des secrets nucléaires.

Vanunu a affirmé à de nombreuses reprises ne détenir aucune information classée autre que celles dont la révélation lui a valu d'être condamné, et que les informations qu'il détient sont vieilles de vingt ans et sont depuis longtemps du domaine public. Vanunu, qui a été enlevé par des agents des services secrets (Mossad) en 1986 en Italie, a été libéré sous caution en attendant l'audition de son appel contre la condamnation et la peine de six mois.

Consulter les sites suivants :
- BBC : http://news.bbc.co.uk/2/hi/middle_east/6267928.stm
- Article 19 : http://www.article19.org/pdfs/press/alan-johnston.pdf
- Centre palestinien pour les droits de la personne : http://www.pchrgaza.ps/
- FIJ, à propos des homicides : http://tinyurl.com/32szpe
- Associated Press (sur MSNBC) : http://www.msnbc.msn.com/id/19642603/
- Amnistie Internationale, à propos de Vanunu : http://web.amnesty.org/library/Index/ENGMDE150442007
- Site de Vanunu : http://www.serve.com/vanunu/
- Lettre sur Vanunu signée par le président de la FIJ : http://www.guardian.co.uk/israel/comment/0,,2118857,00.html
(Photo courtoisie de AFP/BBC News)

(10 juillet 2007)

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