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Les journalistes à bord de la flottille attaquée parlent; un journaliste a perdu la vie dans l'attaque

Dans le sillage du raid israélien contre la flottille qui transportait de l'aide humanitaire à Gaza le 31 mai, les journalistes retenus en garde à vue qui ont été remis en liberté donnent des relations de première main des mauvais traitements, des interrogatoires et de la confiscation d'équipement par les Forces de défense israéliennes (FDI), selon ce que rapportent le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), la Fédération internationale des journalistes (FIJ) et Reporters sans frontières (RSF). Un journaliste a été tué dans cette attaque mortelle. Par ailleurs, les autorités israéliennes ont monté et distribué des portions de séquences vidéo prises à des journalistes étrangers.

Au moins 60 journalistes de partout dans le monde se trouvaient à bord. Tous les journalistes qui ont été détenus ont été expulsés d'Israël, et nombre d'entre eux parlent de ce qu'ils ont enduré. Les récits de mauvais traitements lors du raid révèlent que les journalistes ont été empêchés, de la manière la plus brutale, de faire leur travail.

La journaliste Muna Shester, qui travaille pour l'Agence de nouvelles du Koweït (Kuwait News Agency, KUNA), a rapporté à RSF qu'un photographe qui a protesté et qui avait critiqué les soldats a été passé à tabac. « Je l'entendais crier », a dit Shester. « Les cameramans, photographes de presse et reporters ont été maltraités parce qu'ils filmaient ou prenaient des photos du raid ». Les journalistes ont été fouillés, menottés et laissés en plein soleil pendant cinq heures, a-t-elle dit.

Le photographe d'Al-Jazeera Issam Za'atar a précisé qu'il était en train de filmer le raid lorsqu'un soldat israélien l'a frappé de sa matraque paralysante. Za'atar s'est fait casser un bras et son appareil-photo a été endommagé. Une fois en détention, a-t-il dit au CPJ, il a subi un « interrogatoire long et épuisant ».

La pire violence, cependant, a été infligée au journaliste turc Cevdet Kiliçlar, qui a été tué d'une balle à la tête, et au cameraman indonésien Sura Fachrizaz, blessé gravement d'une balle à la poitrine, d'après la FIJ et RSF.

Paul McGeough, correspondant du « Sydney Morning Herald », a déclaré que les reporters ont été traités avec un « irrespect absolu ».

« Notre travail nous demande d'aller chercher les histoires et de révéler ce qui autrement ne le serait pas », a déclaré McGough dans une entrevue téléphonique affichée sur le site web du journal. « Comme le démontre le traitement épouvantable de la flottille par Israël, il faut des journalistes sur place pour porter témoignage, pour révéler ce qui se passe là-bas. »

Les soldats israéliens ont confisqué les appareils-photos, caméras, bandes magnétiques, téléphones satellitaires et téléphones mobiles, dit Othman Battiri, producteur principal à Al-Jazeera.

Les FDI ont rendu publiques sur leur chaîne de YouTube des sections révisées des séquences vidéo le 2 juin. « Israël a confisqué le matériel journalistique, puis l'a manipulé pour servir ses intérêts », dit le CPJ. L'Association de la presse étrangère en Israël qualifie cette opération de « grave violation de l'éthique journalistique ». La FIJ et son affiliée, la Fédération nationale des journalistes d'Israël (National Federation of Israel Journalists, NFIJ), ainsi que d'autres membres de l'IFEX prient instamment les autorités de rendre l'équipement confisqué.

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