RÉGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

Le droit de savoir; des milliers de personnes protestent

Des milliers de personnes dénoncent les attaques du Premier ministre de l'Italie Berlusconi contre la presse
Des milliers de personnes dénoncent les attaques du Premier ministre de l'Italie Berlusconi contre la presse

via IPI

Des milliers de personnes ont défilé dans les rues de Rome le 3 octobre pour défendre la liberté de la presse et la liberté de l'information devant les assauts répétés du premier ministre de l'Italie, Silvio Berlusconi, indique la Fédération européenne des journalistes (FEJ), la section européenne de la Fédération internationale des journalistes (FIJ).

La FEJ rapporte que les médias italiens estiment que de 150 000 à 300 000 personnes se sont déplacées dans cette manifestation de masse à Rome. La FEJ a félicité sa section italienne, la Federazione della Stampa Italiana (FNSI) pour avoir organisé avec succès à Rome le week-end dernier l'une des manifestations les plus importantes sur le thème : « Le droit de savoir. Le devoir d'informer. »

D'après la FEJ, Berlusconi a des antécédents de menaces contre la liberté de la presse, et il est connu pour son ingérence politique dans les médias et ses attaques contre les journalistes qui contestent le lien entre sa vie privée et les affaires publiques.

Berlusconi est le premier chef de gouvernement à adopter des mesures judiciaires contre des médias italiens et européens, dont « La Repubblica », « L'Unità », « El Pais » et « Le Nouvel Observateur », rapporte la FEJ. Ses procureurs demandent des millions d'euros en dédommagement, alléguant que les articles sur sa vie privée sont « diffamatoires ».

Le groupe Index on Censorship fait valoir que Berlusconi a prié des entrepreneurs de cesser de faire paraître de la publicité dans « La Repubblica ». Le gouvernement continue en outre de tenter d'éliminer à la télévision les rares émissions d'enquête ou les émissions politiques critiques. Six grandes chaînes nationales de télévision sont contrôlées, directement ou indirectement, par Berlusconi (trois d'entre elles font partie de son empire médiatique, les trois autres chaînes font partie de la RAI, le réseau d'État).

Tout en muselant la presse, Berlusconi se cache derrière le voile de l'immunité. Selon l'Association mondiale des journaux et des éditeurs de nouvelles (WAN-IFRA), « La Repubblica » doit se défendre contre une poursuite en diffamation intentée par Berlusconi pour avoir publié de manière répétée 10 questions lui demandant d'expliquer ses relations extra-maritales et son comportement, qui font l'objet cette année de scandales publics largement rapportés par la presse.

Sans se laisser démonter, Berlusconi a également critiqué la Commission européenne, qu'il a accusée d'ingérence dans les affaires nationales. Il a menacé de bloquer le Conseil de l'Europe si les membres de la Commission ne parvenaient pas à « contrôler » ses porte-parole.

« Est-il convenable qu'en Italie, être journaliste et critiquer M. Berlusconi, même légèrement, devienne source d'inquiétude pour la sécurité de son emploi et pour son avenir ? », demande Ezio Mauro, rédacteur en chef de « La Repubblica ». « C'est un problème grave dans notre vie de tous les jours comme journalistes parce que cela peut vous inciter à l'autocensure de l'information sur laquelle vous vous apprêtez à écrire. »

Des manifestations de moindre envergure ont eu lieu à Berlin, Paris, Bruxelles et Londres, rapporte la FEJ. D'après l'Institut international de la presse (IIP), une émission de nouvelles de l'État italien a critiqué ces manifestations de protestation et a nié que la liberté de la presse fût de quelque manière en danger.

ADDITIONAL INFORMATION


Dernier Tweet :

Africa Check tracks progress on 10 key promises made during their campaign, by governments in Nigeria, South Africa… https://t.co/mKOYsTqlgN