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Les journalistes répliquent à une loi qui bâillonne la presse par le silence radio et des kiosques à journaux vides

Les journalistes de toute l'Italie ont refusé de travailler le 8 juillet pour protester contre un projet de loi sur l'écoute électronique qui interdit tout reportage sur les enquêtes judiciaires, disent la Fédération internationale des journalistes (FIJ) et Index on Censorship. La loi fait également l'objet de critiques hors des frontières de l'Italie.

La grève constituait « l'acte final » après des mois de campagnes, de débats et d'appels, indique Index on Censorship : « l'opposition à la législation a, pour la première fois, uni journalistes, magistrats, policiers, éditeurs et organisations de la société civile ».

Les journalistes de la presse écrite ont lancé le mouvement de grève le 8 juillet, la radio, la télévision et les médias en ligne s'y sont joints le lendemain. La plupart des journaux n'ont pas été publiés. Les sites web des journaux ont été priés de remplacer les manchettes par des communiqués, des illustrations et des images et des informations explicatives sur le droit de reportage et le droit des citoyens d'être informés, rapporte la FIJ.

La loi bâillon, adoptée en juin par le gouvernement du premier ministre Silvio Berlusconi, aura pour effet de limiter la liberté du journaliste de faire enquête et restreindra les interrogatoires des magistrats dans le cadre des enquêtes criminelles. Les journalistes risquent la prison et les éditeurs des amendes pouvant atteindre 450 000 euros s'ils rapportent le contenu des écoutes électroniques avant qu'un prévenu n'aille à son procès. Elle limite également le nombre de jours pendant lesquels la police peut intercepter les communications. Selon les critiques, elle protège aussi « le premier ministre italien et son penchant au scandale », rapporte Index on Censorship.

L'écoute électronique joue depuis longtemps un rôle critique dans les enquêtes criminelles en Italie et a mené à l'arrestation de chefs mafieux de haut rang.

« Nous avons organisé le Jour du Silence afin de démontrer ce qui pourrait arriver si le projet de loi sur l'écoute électronique était mis en oeuvre », dit Franco Siddi, secrétaire général de la Federazione Nationale della Stampa Italiana (FNSI) et membre de la FIJ. « Les journalistes italiens sont devenus silencieux parce que le gouvernement veut les faire taire. »

Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la protection et la promotion du droit à la liberté d'opinion et d'expression, Frank La Rue, prie le gouvernement italien d'abolir ou de réviser le projet de loi. « Ces dispositions sont susceptibles de nuire au travail des journalistes et d'empêcher d'entreprendre des enquêtes journalistiques sur des questions d'intérêt public, comme la corruption, étant donné la lenteur excessive des procédures judiciaires en Italie, comme l'a mis en lumière de manière répétée le Conseil de l'Europe », a-t-il dit. Dans sa forme actuelle, le projet de loi « présente une menace pour le droit à la liberté d'expression. »

Le mois dernier, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), a condamné le projet de loi, expliquant que celui-ci « contredit les engagements de l'OSCE, parce qu'il interdit le recours à certaines sources et matériaux confidentiels qui pourraient s'avérer nécessaires pour d'importantes enquêtes journalistiques ».

Le 14 juin, un groupe de députés du Parlement européen a pressé les États membres « de surveiller et d'assurer la pleine conformité avec le principe de l'indépendance des médias en appliquant strictement l'article 11 de la Charte des Droits fondamentaux de l'Union européenne » et « d'empêcher toute ingérence indue dans le travail des journalistes et des médias ».

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