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La mafia avait prévu d'assassiner le journaliste d'investigation Paolo Borrometi

Des enfants dans une manifestation en faveur de juges antimafia, à Palerme, Sicile, le 20 janvier 2016
Des enfants dans une manifestation en faveur de juges antimafia, à Palerme, Sicile, le 20 janvier 2016

Melita Antonio/Pacific Press/LightRocket via Getty Images

Cet article a été initialement publié sur rsf.org le 30 avril 2018.

La police italienne vient de déjouer un projet d'attentat de la mafia visant à abattre le journaliste d'investigation Paolo Borrometi afin de "mettre un terme à ses enquêtes". Spécialiste du réseau criminel, le reporter, qui bénéficie de mesures de protection, avait reçu de nombreuses menaces de mort en raison de ses investigations.

Selon les écoutes interceptées par la police, le journaliste Paolo Borrometi devait être tué dans une explosion au mois de mai, en Sicile où il devait se rendre pour des interventions publiques. L'attaque avait été préparée dans les moindres détails : le clan mafieux avait prévu la location d'une maison, la participation de complices et le meurtre du journaliste et de son escorte dans l'explosion. "Celui-là, nous devons l'avoir. Tu sais à quoi sert de tuer un homme parfois ? A calmer un peu tous les autres !" expliquait le chef mafieux à son fils dans l'enregistrement saisi par les policiers.

"Reporters sans frontières tient à exprimer sa solidarité avec Paolo Borrometi au moment où le journaliste est une nouvelle fois gravement menacé pour avoir exercé sa mission d'information, déclare Pauline Adès-Mével, responsable du bureau UE-Balkans de RSF. L'ONG salue le travail de la police qui a pu déjouer le projet d'attentat et éviter ainsi un 3e assassinat de journaliste au sein de l'Union européenne ces six derniers mois. Il est néanmoins important de rappeler que l'Italie est l'un des pays européens les plus dangereux pour les médias : une dizaine de journalistes font l'objet d'une protection renforcée et permanente par des policiers chargés d'assurer leur sécurité 24H/24."

Une longue série d'agressions et de tentatives d'intimidations avaient obligé Paolo Borrometi à quitter sa Sicile natale en 2015 pour des raisons de sécurité. Placé sous protection policière, il vit désormais à Rome, escorté en permanence par plusieurs policiers. Après Malte et la Slovaquie où deux assassinats ont été commis contre des journalistes d'investigation ces six derniers mois, un troisième vient d’être déjoué de justesse grâce à la surveillance des policiers.

L'Italie occupe la 46e place au Classement de la liberté de la presse établi en 2018 par RSF.

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