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Les cassettes d'un entretien avec le prince Hassan Bin Talal confisquées par les autorités

(RSF/IFEX) - Les autorités jordaniennes ont confisqué les cassettes de l'entretien accordé par le prince Hassan Bin Talal, oncle du roi Abdallah II, au journaliste Ghassan Ben Jeddou de la télévision satellitaire Al-Jazira.

"Ces pratiques abusives que l'on observe régulièrement en Jordanie sont révélatrices du peu d'importance qu'accorde le pouvoir à la liberté de la presse. Le travail des journalistes est régulièrement entravé par des décisions arbitraires. Le roi Abdallah a pris de nombreux engagements en faveur des droits civiques, notamment à travers son programme de développement et de cohésion sociale 'Jordan First'. Aujourd'hui, nous l'appelons à tenir ses promesses afin de garantir les libertés individuelles, encore trop souvent bafouées dans le pays", a déclaré Reporters sans frontières.

Responsable du bureau de la chaîne qatarie au Liban, Ghassan Ben Jeddou présente également l'émission "Dialogue ouvert" chaque samedi. Il s'était rendu à Amman pour procéder à l'enregistrement d'une émission spéciale avec le prince Hassan Bin Talal, le 18 avril 2007. Le journaliste a abordé avec lui les principales thématiques régionales du Moyen-Orient. Le prince s'est ainsi prononcé sur la politique américaine dans la région, les affrontements interconfessionnels ou encore l'initiative de paix discutée durant le dernier sommet de la Ligue arabe. A la fin de l'enregistrement, le réalisateur de l'émission s'est rendu à l'aéroport de la capitale où ses cassettes ainsi que les photos de la rencontre ont été saisies.

Selon Ghassan Ben Jeddou, joint au téléphone par l'organisation, les autorités auraient censuré son travail parce qu'il a évoqué avec son invité un rapport américain mentionnant l'implication d'un officiel saoudien dans le financement de militants sunnites chargés de combattre le Hezbollah. Ce rapport a notamment été cité dans un article de Seymour M. Hersh publié dans "The New Yorker" le 5 mars 2007.

Le porte-parole du gouvernement, Nasser Judeh, a confirmé la saisie du matériel du journaliste sans donner d'explications. Selon Ghassan Ben Jeddou, les autorités lui auraient déclaré que certains propos tenus durant l'interview portaient atteinte aux relations diplomatiques de la Jordanie et de l'Arabie saoudite. De son côté, le prince Hassan Bin Talal n'aurait pas été préalablement averti de la saisie. Selon son attaché de presse, le prince a accordé cet entretien en tant que "citoyen privé", ajoutant que la teneur de ses déclarations au journaliste d'Al-Jazira était "neutre".

Ce n'est pas la première fois qu'Al-Jazira est confrontée à des problèmes dans le royaume hachémite. Le chef du bureau de la chaîne à Amman, Yasser Abu Hilala, avait été brièvement interpellé, le 8 juin 2006, alors qu'il interviewait le beau-frère d'Abou Moussab Al-Zarkaoui, chef de la branche irakienne d'Al-Qaida. Le journaliste n'avait pas pu poursuivre l'enregistrement.

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