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Un journal indépendant est puni par une amende draconienne

Un journal kazakh systématiquement harcelé à cause de sa couverture des politiques du gouvernement, des violations des droits de la personne et de la corruption vient d'être condamné à 400 000 $US d'amende et s'est vu infliger un interdit de distribution, selon ce que rapportent le Fonds International pour la protection de la liberté de parole Adil Soz, basé à Almaty, l'Association mondiale des journaux et des éditeurs de nouvelles (AMJ-IFRA) et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

La banque BTA, qui appartient en partie à l'État, réclame des réparations au journal « Respublika » pour un article publié en mars dernier, article qui aurait incité des clients à retirer leurs fonds de la banque. BTA a déposé une poursuite contre l'hebdomadaire d'Almaty à l'été de 2009; le journal a interjeté appel, en vain, des réparations. En septembre 2009, le journal a été condamné à payer l'amende. Le 17 mars, « Respublika » a interjeté appel devant la cour économique, affirmant qu'il est illégal pour une imprimerie de refuser d'imprimer le journal.

Selon « Respublika », l'article est factuellement correct, et la question avait été rapportée dans d'autres publications. L'interdit de distribution imposé le mois dernier, et confirmé le 1er mars par une cour d'appel, demeurera tant que le journal n'aura pas payé l'amende. Mais l'interdit empêche le journal d'obtenir les revenus lui permettant de payer les réparations; il n'est capable, actuellement, que de publier en ligne. Le journal s'est tourné vers ses lecteurs pour demander de l'aide et a déjà versé 54 000 $US.

Le 17 février, les entreprises de médias du Kazakhstan ont pressé le gouvernement de veiller à ce que « Respublika » soit autorisé à paraître, rapporte Adil Soz. Par ailleurs, le journal imprime des exemplaires au moyen de son équipement de bureau.

« Le journal est écrasé par cette amende. Les décisions récentes des tribunaux ont entraîné le refus des imprimeries, dans tout le pays, d'imprimer le journal. Cela contrevient au droit de recevoir et de diffuser librement des renseignements, ainsi qu'à la liberté d'expression garantie par la Constitution », a déclaré Adil Soz.