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LES MÉDIAS RÉDUITS AU SILENCE TANDIS QUE LA CRISE POLITIQUE PREND DE L'AMPLEUR

Le maintien de l'interdit sur les émissions diffusées en direct, ainsi que de nouvelles menaces de mort adressées à des journalistes au Kenya ont pour résultat de faire le silence dans les médias sur l'escalade de la crise politique dans le pays, dit le Media Institute, qui est membre de l'IFEX.

Le gouvernement a annoncé le 30 décembre la suspension indéfinie d'émissions diffusées en direct, tandis que de violentes manifestations ont éclaté après que le président Mwai Kibaki eut été réélu pour un nouveau mandat de cinq ans, et que circulent des allégations de fraude électorale.

Le Media Institute et la Kenya Editors Guild, un groupe de rédacteurs, actuels et anciens, provenant de toute l'industrie des médias, ont déposé le 29 janvier une poursuite visant à faire casser l'interdit sur les émissions diffusées en direct, après que le gouvernement n'eut tenu aucun compte de leur ultimatum pour faire lever cet interdit. L'affaire doit être entendue plus tard cette semaine.

Selon les organisations, l'interdit nuit à la capacité des journalistes à couvrir la crise politique qui se développe au Kenya, et « la situation est pire que ce que le gouvernement veut faire croire au public et au monde ». D'après le Media Institute, près de 1 500 personnes ont perdu la vie et plus de 250 000 autres ont fui leurs demeures.

Le même jour où était annoncée la poursuite devant les tribunaux, le gouvernement annonçait son intention de mettre sur pied un groupe de travail chargé d'étudier la conduite des médias dans la couverture des élections et de leurs suites. « Le gouvernement, essentiellement, fait pression sur les médias afin de leur faire porter la responsabilité d'avoir accentué la tension », dit le Media Institute.

Par ailleurs, les défenseurs des droits de la personne et les journalistes qui se montrent critiques à l'égard du gouvernement deviennent les cibles de menaces de mort.

Un éminent militant des droits de la personne, Maina Kiai, qui est également président de la Commission gouvernementale des Droits de la personne, court le risque d'être « éliminé », rapporte l'Observatoire de la protection des défenseurs des droits de la personne, un programme conjoint de la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH) et de l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT). On aurait mis sur pied une unité spéciale à l'intérieur des forces de sécurité afin d'envisager des moyens de « neutraliser » Kiai, considéré comme un « traître » pour avoir dit que les récentes élections avaient été entachées et pour avoir demandé la tenue de nouvelles élections. Kiai a fui le pays le 24 janvier.

Puis, le 29 janvier, la Mungiki, une milice pro-gouvernementale recrutée pour protéger les intérêts du groupe ethnique le plus important et le plus prospère du Kenya, les Kikuyus, a proféré une menace étendue contre les principaux groupes de presse et de médias, et contre les rédacteurs en chef et les journalistes.

Sur la liste de leurs cibles désignées se trouvait le nom du journaliste Paul Ilado, du quotidien « Nairobi Star », qui a déclaré à la police avoir reçu de nombreuses menaces de mort à la suite de ses reportages exclusifs sur Kiai et d'autres défenseurs des droits de la personne qui sont intimidés par le gouvernement.

Le Media Institute condamne ces menaces et se joint aux appels internationaux en faveur de la protection des médias et des défenseurs des droits de la personne, et demande que les responsables de ces menaces soient traduits devant les tribunaux.

Un peu plus tôt ce mois-ci, 23 groupes membres de l'IFEX ont fait parvenir une lettre ouverte au président du Kenya pour prier instamment son gouvernement de rescinder l'interdit sur la couverture médiatique.

Consulter les sites suivants :
- Alertes de l'IFEX sur le Kenya : http://tinyurl.com/35fzq8
- Media Institute (courriel) : mediainst(@)wananchi(.)com
- Eastern Africa Journalists Association (courriel) : eaja(@)intnet(.)dj
- The Daily Nation, « Lift broadcast ban, say editors » : http://tinyurl.com/2wmg2y
- Observatoire : http://tinyurl.com/3xws75
- « Communiqué de l'IFEX » : « Le gouvernement impose le blackout des informations » (14 janvier 2008) : http://www.ifex.org/en/content/view/full/89441/
(Photo courtoisie de AP)

(29 janvier 2008)

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