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Triomphe des journalistes tandis que le gouvernement accepte de modifier sa loi sur les médias

Des journalistes kenyans protestent à Nairobi l'an dernier contre le projet de Loi (modifié) de 2008 sur les communications
Des journalistes kenyans protestent à Nairobi l'an dernier contre le projet de Loi (modifié) de 2008 sur les communications

Daily Nation

À la suite d'une campagne concertée, le gouvernement kenyan vient de publier des modifications à la Loi sur les communications, qui feront disparaître une disposition controversée permettant au gouvernement de procéder à des descentes dans les stations de radiodiffusion, selon ce que rapportent la Fondation africaine des médias libres (Africa Free Media Foundation), le Media Institute et les dépêches locales.

La Loi (modifiée) de 2008 sur les Communications du Kenya, que le président Mwai Kibaki a ratifiée en janvier 2009, habilite l'État à procéder à des descentes dans les studios de radio et de télévision et à détruire ou confisquer l'équipement au nom de la « sécurité publique ».

Le « Statute Bill » (Amendements divers) contient des propositions pour retirer la disposition contestée. D'après les nouvelles, bien que le projet de loi ait été publié le 9 mai, le changement doit attendre au Parlement d'être « priorisé » par le comité des affaires courantes de la Chambre - processus qui peut prendre jusqu'à un an, selon la volonté politique.

Le projet de loi fait suite à des négociations, présidées par le premier ministre, entre le Ministère de l'Information et des Communications et l'industrie des médias, représentée par des officiers du Syndicat des journalistes du Kenya, de la Guilde des rédacteurs du Kenya (Kenya Editors' Guild) et de l'Association des propriétaires de médias (Media Owners Association). Les modifications ont été convenues entre les médias et le gouvernement à titre de mesures temporaires en attendant une nouvelle révision plus poussée et plus élaborée de la Loi sur les communications et de la Loi sur les médias.

Des dizaines de protestataires et de journalistes ont été arrêtés en décembre dernier lors d'une manifestation contre le projet de Loi sur les communications, qui prévoit également de lourdes amendes et de fortes peines de prison pour délits de presse. Vingt-huit groupes membres de l'IFEX, sous la direction du Media Institute, avaient fait parvenir une lettre à Kibaki pour le presser de ne pas promulguer la loi.

Les modifications éliminent aussi certaines dispositions qui habilitent le gouvernement à contrôler le contenu de la programmation radio et télé. La vérification relèvera désormais d'un nouveau Conseil consultatif sur le contenu de la radiodiffusion, lequel sera composé du Secrétaire permanent du Ministère de l'Information et de six autres personnes, qui restent à désigner par le ministre de l'Information.

David Makali, du Media Institute et de la Guilde des rédacteurs du Kenya, accueille favorablement la démarche, la qualifiant de compromis. « Bien que non satisfaisante, elle offre suffisamment de contrepoids dans les circonstances présentes. Nous ne pouvons qu'espérer que les personnes désignées au Conseil seront compétentes et que les nominations se feront en consultation avec les joueurs de l'industrie », a déclaré Makali aux reporters.

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