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La police kenyane agresse un journaliste qui enquêtait sur les violences policières

REUTERS/Siegfried Modola

Cet article a été initialement publié sur rsf.org le 23 mars 2017.

Reporters sans frontières (RSF) condamne les violences à l'encontre du journaliste kenyan, Isaiah Gwengi, arrêté et sévèrement battu par la police. L'ONG demande l'ouverture d'une enquête sur ces violences policières inadmissibles.

Isaiah Gwengi, journaliste au Standard Media Group, a été violemment arrêté et battu ce mercredi 22 mars 2017 à Usenge par des policiers de l'équipe d'intervention rapide (Quick Response Team), une unité frontalière spécial. Ils l'ont forcé à se déshabiller et l'ont violemment battu, le blessant notamment à la tête. Son téléphone et ses cartes SIM ont été confisqués.

Le journaliste a été arrêté en compagnie d'un activiste des droits de l'Homme, Rodgers Ochieng, alors qu'il interviewait des résidants de cette ville de l'ouest du pays, qui se plaignaient du harcèlement systématique de la QRT et des violences policières.

Gwengi et Ochieng ont pu être traités à l'hôpital avant d'être emprisonnés pour la nuit au poste de police d'Usenge. Ils ont été relâchés sous caution jeudi matin.

“Ce degré de violences policières envers un journaliste qui tente seulement de faire son travail est absolument intolérable, déclare Cléa Kahn-Sriber, responsable du bureau Afrique de Reporters sans frontières. Nous demandons aux autorités d'ouvrir immédiatement une enquête pour que les membres du QRT, responsables de ces actes soient identifiés et traduits en justice. Sans cela, c'est toute la police kenyane qui est salie dans cette affaire.”

Déployée depuis un an dans la zone, cette force d'intervention rapide a provoqué de nombreuses tensions. Ces derniers mois, quatre personnes ont été tuées sous leurs balles. Des manifestations ont eu lieu afin de dénoncer le harcèlement ainsi que les techniques ultra violentes de cette force d'intervention. Isaiah Gwengi a publié divers articles dénonçant leur corruption et la brutalité de leurs descentes. En janvier, le journaliste du Standard avait déclaré à la police avoir été menacé par un officier de cette force. Selon les policiers, le journaliste a été arrêté en raison de ses articles, incitant les habitants d'Usenge à la violence envers l'équipe d'intervention rapide.

Le Kenya occupe la 95ème place au Classement 2016 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.

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