RÉGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

PROFIL

Ory Okolloh Mwangi: le Kenya Pundit

Avocate futée de techniques et militante, Ory Okolloh Mwangi a combiné ses compétences et sa passion pour accroître la transparence et la redevabilité du gouvernement.

Ory Okolloh Mwangi, septembre 2006, par https://www.flickr.com/photos/dci/, CC BY-SA 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php ? curid = 7648032

« Je crois que la redevabilité découle d’une demande. Vous n'allez pas être redevable uniquement de par votre bonne volonté. Et en tant qu'Africains, nous devons commencer à défier nos dirigeants. »


Ory Okolloh Mwangi dans un discours à TEDGlobal, en juin 2007

Ory Okollah Mwangi est connue comme une « experte kenyane » à juste titre: non seulement elle a des opinions tranchées sur la transparence gouvernementale, le rôle de l'entrepreneuriat et la narration africaine, mais aussi elle est engagée à aider les autres à partager leurs voix.

Mwangi - une activiste, avocate et pertinente leader d'opinion diplômée de la Harvard Law School - a passé des années à travailler pour les cabinets d'avocats et la Banque mondiale aux États-Unis avant de retourner en Afrique. Elle aurait renoncé à un gros salaire (chèque à six chiffres) « parce que ma passion était ici [en Afrique], et parce que je voulais faire des choses qui me combleraient. Et parce qu’on a besoin de moi ici », a-t-elle dit dans un entretien TED.

En 2005, Mwangi a cofondé le site Web de surveillance du gouvernement Mzalendo (mot swahili pour dire « patriote », un mot qu'elle utilise souvent pour se décrire. Le site Web, dont elle dit qu'il était une œuvre d'amour, a pour mission de « surveiller le parlement kenyan ».

« Nous avons démarré ceci parce que nous étions fatigués des lamentations à propos de nos politiciens », a-t-elle déclaré dans cet entretien. « Vous savez, je suis convaincue que la redevabilité découle d’une demande. Vous n’allez pas être redevable uniquement de par votre bonne volonté. Et en tant qu’Africains, nous devons commencer à défier nos dirigeants. »

Le site Mzalendo vise à accroître la transparence et la redevabilité du gouvernement en mettant en ligne les projets de loi, en permettant aux gens de faire une recherche par sujet et en examinant les progrès d'une loi. Il démystifie les choses, publie des « carnets de bord » qui évaluent les députés et permet aux Kenyans de poser des questions en ligne à leurs députés.

En 2007, Mwangi est passée à sa prochaine entreprise gigantesque: aider à créer la plateforme ouverte Ushahidi (mot swahili pour « témoignage »), qui permet aux groupes de rassembler les données nécessaires à la redevabilité et à l'activisme social. En 2008, lorsque le Kenya a vécu des violences postélectorales meurtrières, les Kenyans ont utilisé le logiciel pour faire une cartographie les témoignages des violences vécues.

Cet outil indispensable a traversé les frontières du Kenya et le logiciel d'Ushahidi est utilisé internationalement pour la surveillance des élections, la réponse aux crises et le plaidoyer. Il a été utilisé par des groupes tels que la Croix-Rouge, BBC et l'équipe de campagne d'Obama. Mwangi a exercé les fonctions de directeur exécutif d'Ushahidi jusqu'en 2010.

Tout en continuant de travailler à l'intersection de la technologie et de la gouvernance, Mwangi est devenu un gestionnaire de politiques pour Google. Elle s'est concentrée aussi bien sur l'accroissement de l'accès à Internet que sur le contenu africain original pour l'Afrique subsaharienne, dans le but d'utiliser son activisme numérique pour créer des changements hors ligne.

Depuis 2013, Mwangi a travaillé pour le réseau Omidyar en tant que directeur des investissements, investissant dans des groupes qui favorisent la participation civique et augmentent la transparence et la redevabilité du gouvernement. En 2014, Mwangi a été nommée par le magazine TIME comme l'une des 100 personnes les plus influentes au monde.

Nanjira Sambuli, un chercheuse et analyste politique Kenyane, écrit qu'au Kenya, il y a un sentiment que l'activisme en ligne ne se traduit pas dans la vraie vie. « Vous l'avez déjà entendu avant: 'Les Kenyans aiment parler sur [Twitter] mais ne vont pas apparaître dans les rues', 'les Kenyans font du bruit en ligne mais sont invisible hors ligne'. » Elle écrit sur le sentiment selon lequel « ceux qui se livrent à des manifestations de rue sont plus patriotiques, plus sérieux, plus concentrés, tandis que les autres sont des 'militants en fauteuil' ».

Mwangi est une réaliste. En 2006, elle a déclaré: « Les blogs ne vont pas renverser Mugabe d'ici peu. Mais peut-être que les blogs peuvent inspirer un 'micro-activisme' qui peut provoquer de grands changements dans une petite communauté. »

Alors que Mwangi croit au pouvoir de l'activisme en ligne, elle reconnaît que celui-ci ne peut pas marcher seul. « Si vous regardez les soulèvements en Egypte et en Tunisie - et même le mouvement Occupy Nigeria (occuper le Nigeria) - cela a peut-être été stimulé et organisé en ligne, donc la technologie joue le rôle de facilitateur, mais en fin de compte l'impact réel a été ressenti quand les gens sont sortis dans la rue », a-t-elle dit à Forbes dans une interview.

Dans son entretien TED, Mwangi raconte des histoires de sa vie avant Harvard: ses parents ont eu du mal à payer ses frais de scolarité, ce qui signifie qu'elle a souvent été expulsée de l'école. Son père, décédé du sida, avait de la difficulté à avoir accès à des médicaments abordables.

Elle souligne l'importance de partager des histoires multidimensionnelles. « Lorsque vous vous concentrez uniquement sur les catastrophes, nous ignorons le potentiel. Alors, que faire? Tout d'abord, les Africains, nous devons apprendre à raconter nos histoires », a-t-elle partagé. « Les blogs sont un moyen d'y parvenir. »

Mwangi est devenue celebre pour son blog populaire, Kenyan Pundit (l'expert Kenyan), qui contient des commentaires sur des sujets tels que la constitution du Kenya, la politique et le secteur du développement et de l'aide. De nos jours, elle est un tweeter prolifique sur les questions sociopolitiques.

Bien que la carrière de Mwangi couvre un large éventail de secteurs - technologie, gouvernance, entrepreneuriat et philanthropie - un dénominateur commun les unit. « Nous voyons tant de potentiel sur le continent et la singularité de mon travail est de trouver des moyens d'exploiter ce potentiel », a-t-elle dit à Forbes. « Il s'agit donc de ... dire qu'au moins j'ai apporté ma petite contribution pour m'assurer que nous étions à la hauteur de notre potentiel en tant que continent. »

Les autres visages de la liberté d'expression

Dernier Tweet :

Read how AFIC has played a part in bridging the link between govt's and civil society's suspicion and lack of trust… https://t.co/KWoju7gxNR