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La chaîne satellitaire Al-Jazira condamnée à une forte amende pour "diffamation"

(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières dénonce la condamnation, le 16 janvier 2008, par un tribunal koweïtien, de la chaîne satellitaire Al-Jazira, basée au Qatar, à verser une amende de 20 000 dinars (environ 50 000 euros) de dommages et intérêts pour une émission jugée diffamatoire pour l'émirat.

"Cette somme nous paraît disproportionnée et les accusations sans fondement. Dès qu'il s'agit d'Al-Jazira, les tribunaux du monde arabe semblent condamner la chaîne sans tenir compte des faits. Il est incompréhensible que la chaîne soit punie pour des propos tenus par des invités, que le présentateur a justement tenté de calmer", a déclaré l'organisation.

Le 16 janvier, un tribunal de Koweït City a condamné Al-Jazira à payer une amende de 20 000 dinars (environ 50 000 euros) dans une affaire de "diffamation" dont les faits remontent à 2002. Quatre avocats koweïtiens avaient alors déposé une plainte contre la chaîne, l'accusant d'avoir "porté atteinte au sentiment national koweïtien" et "déformé l'histoire du pays". En 2003, Al-Jazira s'était déjà acquittée d'un dédommagement temporaire de 5 000 dinars (environ 12 460 euros) au profit des plaignants.

En février 2002, Fayçal Al-Qassem, présentateur de l'émission de débat politique Al-Ittijah Al-Mouakiss (Le sens inverse) avait invité un politologue égyptien et un journaliste koweïtien à se prononcer sur l'éventualité d'une invasion américaine en Irak. Au cours de l'émission, les deux hommes ont échangé des insultes, l'Egyptien aurait notamment accusé le Koweït d'"avoir volé le pétrole de l'Irak". Contacté par Reporters sans frontières, Fayçal Al-Qassem a rejeté la responsabilité d'Al-Jazira qui, selon lui, "ne partage pas toujours les opinions des intervenants". Le journaliste a également évoqué l'impossibilité de contrôler les dérapages de ses invités lors de débats en direct.

Mohammed Taleb, l'un des quatre plaignants, a déclaré à l'Agence France-Presse avoir déposé plainte contre Al-Jazira après la diffusion d'une émission au cours de laquelle "le Koweït a été accusé d'être responsable de l'invasion irakienne" de l'émirat en 1990.

Al-Jazira a décidé de faire appel. Machaal Al-Namach, avocat de la chaîne, a déclaré à Reporters sans frontières que les quatre plaignants ont également décidé de faire appel, estimant le montant des dommages et intérêts trop faible.

Les bureaux de la chaîne ont été fermés à deux reprises au Koweït, en 1999 puis de 2002 à 2005 suite à un reportage sur des exercices militaires américano-koweïtiens.

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